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Quotidien des Usines

ArcelorMittal : investissement confirmé, mais redémarrage sous condition

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Interviewé sur France Inter, le président-candidat Nicolas Sarkozy a annoncé ce jeudi matin qu'ArcelorMittal allait investir 17 millions d'euros, notamment  pour redémarrer le haut-fourneau de Florange. ArcelorMittal confirme l'investissement, non sans une certaine réserve quant au réel rédémarrage lié à une reprise économique.

ArcelorMittal : investissement confirmé, mais redémarrage sous condition © D.R.

L'annonce est de taille. "A la demande de l'Etat français, ArcelorMittal va investir maintenant 17 millions d'euros à Florange", a déclaré Nicolas Sarkozy, invité de la matinale de France Inter.

Sur cet investissement global, 2 millions vont permettre de "réaliser les travaux" sur le 2e haut-fourneau du site, pour lui permettre de rédémarrer. "Il repartira au 2e semestre 2012", affirme le président.

Nicolas Sarkozy affirme également que "7 millions d'euros vont être investis dans un nouveau gazomètre pour la cockerie à Florange et 8 millions d'euros seront investis afin de développer de nouveaux produits à Florange, destinés, sans rentrer dans les détails, au marché de l'automobile".

Une confirmation nuancée

Le groupe sidérurgique confirme l'investissement et l'objectif d'"un redémarrage (...) de Florange au second semestre dans la perspective d'une reprise économique". Il pose donc une condition  pour que l'engagement annoncé par Nicolas Sarkozy soit réellement pris.

Lakshmi Mittal "a confirmé au président Nicolas Sarkozy qu'ArcelorMittal reste attaché à sa présence industrielle en France qui est stratégique pour le groupe", précise le communiqué.

En pleine campagne pour un second mandat, Nicolas Sarkozy a profité de l'occasion pour faire le bilan de ses actions récentes en faveur d'entreprises en difficulté. "Je vous rappelle que Florange, c'est 2 667 salariés dont 500 en situation de perdre leur emploi si le haut-fourneau ne repart pas. Ce sont des décisions concrètes, comme pour Petroplus, comme pour PhotoWatt, comme pour Lejaby (...) comme pour Alstom" a-t-il insisté.

Du côté des syndicats, réaction satisfaite de la CFE/CGC : "Ce redémarrage et les investissements annoncés constituent une excellente nouvelle, même si les termes de l’annonce restent quelque peu laconiques",indique François Pagano, porte-parole de la CFE/CGC d’ArcelorMittal Florange."A l’occasion du comité central d’entreprise prévu demain à Saint-Denis, nous demanderons à Gert Van Poelvoorde, le directeur de la division "plat carbone" pour l'Europe du Nord, si le redémarrage reste ou non conditionné à la situation du marché", précise-t-il.

Walter Broccoli, secrétaire général de Force ouvrière, interprète lui comme une condamnation à court terme le silence de la direction quant à la ligne de packaging de Florange, qui emploie 300 personnes et se trouve fortement compromise. Il s’inquiète également de l’imprécision de l’annonce de la date du redémarrage, "le deuxième semestre pouvant aussi bien désigner le 1er juin ou le 31 décembre". Jugés trop tardifs, les investissements prévus sur les deux lignes de galvanisation de l’acier pour automobile  lui inspirent également des regrets. "Nous demandions ces investissements dès l’an dernier. Aujourd’hui, nos concurrents ont pris ces parts de marchés", regrette le syndicaliste.

"Nous connaissons les promesses de MM. Sarkozy et Mittal et nous sommes très méfiants. Nous exigeons que le haut-fourneau redémarre immédiatement et non pas après les élections",  affirme Yves Fabbri, délégué CGT d’ArcelorMittal Florange, soulignant que si les 17 millions d’euros annoncés sont suffisants pour redémarrer les installations, la remise en état du site de Florange, fortement délabré, nécessite des investissements bien plus conséquents.

Enfin, du côté de la CFDT, le délégué Jacques Minet craint une supercherie. "Si vraiment le haut-fourneau P6 redémarre, combien de temps restera-t-il en activité ? Le haut-fourneau HF2 de Dunkerque doit s'arrêter en juin prochain pour une durée de trois mois. Ne s'agirait-il pas de faire la jonction en relançant Florange durant un trimestre avant d'arrêter une nouvelle fois l'installation ?", s'interroge le syndicaliste.

L'investissement de 7 millions d'euros prévu pour la cokerie laisse également perplexe. Le remplacement du gazomètre hors d'usage s'avère effectivement indispensable pour alimenter en coke le site de Dunkerque et ne bénéficie donc qu'indirectement à Florange.

Par Rémy Maucourt et Pascale Braun

L'interview de Nicolas Sarkozy en intégralité


Nicolas Sarkozy par franceinter

Réactions reccueillies par Pascale Braun

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