Quotidien des Usines

ArcelorMittal : Gerdau dément être intéressé par Gandrange

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Le sidérurgiste brésilien Gerdau dément être intéressé par une reprise de l'usine d'ArcelorMittal à Gandrange (Moselle). Des dirigeants ont été reçus vendredi à Bercy mais aucune offre de reprise n'a été déposée. Officiellement, le site lorrain n'est pas

"Nous ne sommes pas intéressés par l'acquisition de l'usine de Gandrange, appartenant à ArcelorMittal", a indiqué le groupe brésilien dans un communiqué publié à Rio de Janeiro. Des dirigeants ont pourtant bien été reçus vendredi à Bercy. Ce groupe "n'a présenté à ce jour aucune offre de reprise" indique Christine Lagarde, la ministre de l'Economie qui ajoute l'avoir invité à entrer directement en contact avec ArcelorMittal.

Selon Alain Stahl, un consultant chargé de mission de Jean Kiffer, maire d'Amnéville, la firme brésilienne serait prête à racheter l'usine à condition que celle-ci soit à vendre. Le représentant du maire d'Amnéville, l'une des communes sur laquelle est installée l'usine promise à la fermeture partielle, demande à l'Etat de faire pression sur l'entreprise. "La balle est dans le camp des pouvoirs publics", a-t-il dit à Reuters.
"Les dirigeants de Gerdau nous ont dit 'on est intéressé si Mittal vend', mais il est clair que Mittal préfère que l'usine soit fermée. Aux pouvoirs publics de convaincre Mittal de vendre", a-t-il ajouté.

Pas d'illusion pour les salariés

Le groupe de sidérurgie n'a donc adhéré à aucune des solutions alternatives pour sauver le train à billettes et l'aciérie et éviter la suppression de 595 emplois sur les 1 108 du site. Vendredi prochain, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire, ArcelorMittal devrait confimer son projet de fermeture partielle, annoncé en janvier.

Les derniers jours, les salariés ne se faisaient plus d'illusions sur l'avenir. Les uns acceptaient les divers reclassements au sein du groupe sidérurgique, les autres reprochaient à l'Etat de ne pas tout faire pour sauver l'activité comme s'y était engagé le président de la République lors de sa visite sur le site lorrain en février. Les investissements promis ne se pointent pas à l'horizon. Interrogée sur France Inter à ce sujet, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie a déclaré que l'objectif principal est « de sauvegarder les emplois, de faire en sorte que tout le monde garde son job ». Selon elle, « des investissements extérieurs » demeurent possible, «  je sais qu'il peut y avoir des partenaires privés intéressés » a assuré la ministre.

Le gouvernement a fait savoir lundi, par la voix du Premier ministre, que tout devait être fait pour préserver l'emploi et les capacités industrielles. "Nous attendons les propositions, que nous ne connaissons pas encore, de la direction de Mittal et nous serons extrêmement vigilants sur deux sujets : nous voulons d'abord que tous les emplois soient préservés, c'est-à-dire que tous les salariés aient à la sortie de cette affaire un emploi", a dit François Fillon à l'issue d'un séminaire gouvernemental à Matignon sur les mesures économiques et sociales à venir.

"Nous voulons aussi veiller à ce que les capacités industrielles dans notre pays, et notamment dans le domaine de la sidérurgie, ne se réduisent pas", a-t-il poursuivi. "Donc, ce que nous voulons voir, ce sont les programmes d'investissement qui sont ceux de ce groupe. Un groupe a le droit de prendre des décisions pour investir sur tel ou tel site à l'intérieur du territoire national - c'est sa responsabilité -, mais ce que nous ne voulons pas, c'est voir les capacités industrielles de notre pays se réduire", a dit François Fillon.

Carine Sai, avec Reuters

A lire également notre article dans l'Usine Nouvelle n°3093
du 20 au 27 mars 2008 :
Projets fragiles pour Gandrange

A lire aussi dans l'Usine Nouvelle N°3089
du 21 au 27 février 2008
« Sidérurgie - Les confettis de l'empire lorrain », p. 10-14
A lire aussi dans l'Usine Nouvelle N°3086
du 31 janvier au 6 février 2008
« Comment limiter la casse sociale», p. 10-20

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