ArcelorMittal Florange : les salariés comptent les mensonges et affrontent la vérité

L'accord scellé par le gouvernement avec ArcelorMittal est un mauvais accord vu du côté salariés. Finalement, l'industriel indien aura réussi à garder la main dans ce dossier en ne faisant que des concessions au mieux faibles, au minimum floues. L'avenir des hauts-fourneaux n'est toujours pas assuré.

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ArcelorMittal Florange : les salariés comptent les mensonges et affrontent la vérité

En dépit de quelques avancées, les syndicalistes de Florange ont accueilli avec consternation les annonces de Jean-Marc Ayrault à l’issue des négociations du gouvernement avec ArcelorMittal. Plus question de nationaliser l’usine mosellane. Envolé, le mystérieux investisseur patriote qui devait dépenser 400 millions d’euros cash pour sauver les deux derniers hauts-fourneaux du pays. Et Lakshmi Mittal, qu’Arnaud Montebourg se proposait la semaine dernière de bouter hors de France, reste seul maître à bord.

Les engagements que le gouvernement prétend lui avoir arraché ne coûteront pas bien cher au géant de l’acier. Contrairement à l’usine de Gandrange en 2009, le site de Florange ne connaîtra ni plan social, ni mobilité forcée. Cette avancée ne devrait pas poser de difficulté majeure à l’industriel, qui anticipe certainement de longue date les reclassements en interne et les départs en retraite anticipés. Après des mois de silence et d’hostilité, les négociations s’ouvriront dans un climat particulièrement tendu.

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La promesse d’investir sur cinq ans 180 millions d’euros dans la filière froide constitue un programme à minima au regard du rapport de Pascal Faure, qui estimait au double l’investissement nécessaire pour pérenniser la production d’acier haut de gamme. Mais la pression politique devrait contraindre ArcelorMittal d’accélérer des travaux de rénovation qu’il entendait différer à 2015. Les annonces de Jean-Marc Ayrault comportent de surcroît des garanties inattendues quant à la pérennisation de la filière packaging.

L'avenir des hauts-fourneaux n'est pas assuré

Enfin, les hauts-fourneaux ne sont pas tout à fait morts. ArcelorMittal ne les rallumera pas, mais les place sous cocon dans la perspective d’un hypothétique sauvetage européen. Le projet Ulcos, qui transformerait Florange en vitrine de la captation et du stockage de CO2, n’est pas enterré, mais se trouve renvoyé aux calendes grecques.

L’accord, dont la concrétisation reste à vérifier, laisse entrevoir à moyen terme une poursuite difficile menée sans ambition industrielle. Lucides, les syndicats se préparent à de nouveaux combats pour faire appliquer à la lettre les maigres concessions accordées par un patron honni. Les pouvoirs publics ne doivent pas s’attendre à plus de bienveillance. Niant son fiasco et s’entêtant à brandir l’épouvantail de la nationalisation si Lakshmi Mittal osait contrevenir à ses engagements, Arnauld Montebourg a achevé de se discréditer samedi soir au 20 heures de TFI. De Nicolas Sarkozy assurant en 2008 qu’il sauverait l’aciérie de Gandrange à François Hollande, qui promettait naguère de nationaliser Florange, deux présidents ont trahi leurs parole. En amputant successivement les deux sites en l’espace de quatre ans, Lakshmi Mittal aura au moins eu le mérite de respecter ses annonces.

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