ArcelorMittal et Veolia investissent 190 millions d'euros sur le site de Fos-sur-Mer

ArcelorMittal a choisi Veolia Industries Global Solutions pour externaliser le renouvellement et l’exploitation des quatre chaudières de son site de Fos sur Mer. Ils créent une coentreprise qui investira 190 millions d’euros sur trois ans. 105 salariés d’ArcelorMittal rejoignent Veolia.

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ArcelorMittal et Veolia investissent 190 millions d'euros sur le site de Fos-sur-Mer
Le haut fourneau du site d'ArcelorMittal de Fos-sur-Mer.

Il était temps. Sur les quatre chaudières du site métallurgique d‘ArcelorMittal à Fos sur Mer (Bouches-du-Rhône), il n’y en avait plus qu’une seule qui fonctionnait. C’est dire que les émissions de CO2 du site - directement liées à la quantité de gaz sidérurgique fatal brûlé dans ses chaudières pour alimenter le processus de fabrication de l’acier - avaient atteint des sommets. Et que le site, spécialisé dans la production de bobines laminées à chaud et figurant parmi les plus importantes usines d’ArcelorMittal en Europe, était loin d'atteindre sa capacité annuelle maximale de production de 4,6 millions de tonnes d’acier.

L’aciériste devait donc moderniser d’urgence ses installations. Et, comme c’est désormais le cas dans quasiment tous les autres sites du groupe, il a décidé de ne plus être exploitant de sa centrale thermique. Après un appel d’offres, il a choisi de s’adosser à Veolia Industries Global Solutions.

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Une coentreprise à 50/50

Conjointement, les deux entreprises vont investir 190 millions d’euros sur trois ans pour remplacer les quatre chaudières d’une capacité de 250 tonnes par heure, mais aussi toutes les machines tournantes (turboalternateurs, machine turbosoufflante, compresseurs…) de l’installation. Cet actif sera possédé par Veolia et ArcelorMittal par l’intermédiaire d’une co-entreprise détenue à 50/50.

L’installation alimentera le site en électricité et les hauts fourneaux en air pulsé ou comprimé. Les 30% d’électricité produite en surplus par le site seront injectés dans le réseau et vendus sur le marché spot. Entre l‘exploitation de l’installation et la revente d’électricité, la JV devrait réaliser un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros sur 15 ans. "L’objectif de ce partenariat est de disposer d’une capacité moyenne de production électrique de 700 GWh/an, ce qui représente la moitié de la consommation totale de l’usine et l’équivalent de la consommation électrique d’une ville de 100 000 habitants”, précise François Sgro, directeur industriel d’ArcelorMittal Méditerranée.

15% d'économies pour ArcelorMittal

Veolia a gagné l’appel d’offre, face à Dalkia notamment, il y a deux ans. "Nous nous sommes qualifiés avec des solutions et des engagements de réduction de coût et un schéma complet de refonte du process de production", explique Pierre Rellet, président de Veolia Industries Global Solutions. Veolia se serait ainsi engagé sur une réduction des coûts d’environ 15%. Mais tout restait à faire, et Veolia a étudié la meilleure solution technique durant 18 mois.

Depuis la signature du contrat, fin mars 2018, la première phase des travaux de reconstruction et de rénovation de tous les équipements de la centrale a commencé, ainsi qu’une période probatoire. A l’issue des trois ans, Veolia entrera dans une mécanique d’obligation de garantir la disponibilité des installations. La première chaudière remplacée sera fabriquée par Cnim, les autres marchés étant encore en cours d’attribution. "Un tissu d’intervenants locaux travaillera sur le chantier, qui bénéficiera prioritairement à la sous-traitance française", précise Pierre Rellet.

105 salariés transférés chez Veolia

Pour ArcelorMittal, l’externalisation est quasi complète. Ses 105 salariés qui géraient l’installation énergétique ont rejoint Veolia Industries Global Solutions dès la signature du contrat fin mars 2018. "Dans des cas de figure d’outsourcing, les salariés ne sont jamais demandeurs pour changer d’entité", observe Pierre Rellet. Pour les convaincre, François Sgro leur a expliqué que le site de 44 ans avait besoin de modernisation et que "l’ensemble du projet correspondait à une valorisation de leur savoir-faire dans une entreprise reconnue pour ces métiers", alors que celui d’ArcelorMittal est "la fabrication de l’acier". Du côté de Veolia, Pierre Rellet a bénéficié de l’aide des partenaires syndicaux, habitués à l’intégration d’équipes venant d’autres entreprises, pour rassurer les nouveaux arrivants. Pierre Rellet parle même de "calinothérapie", pour pallier le sentiment d’abandon et de déception qui envahit les salariés déplacés.

Réduire les émissions du site

En pleine révision des quotas carbone au niveau européen, ArcelorMittal ne communique pas sur ses objectifs de réduction d’émissions, mais le but de l’opération est de "revenir au niveau des meilleures performances industrielles du secteur, c’est-à-dire en dessous de 2 % de gaz torché", indique le directeur industriel. Sur le site, le groupe qui est certifié ISO 50001 avait déjà installé des chaudières biomasse pour le chauffage et loué à EDF une partie de son foncier pour installer une centrale solaire de 12 MW. "Sur notre site de 1 600 hectares, 800 sont exploités par nous et 800 hectares d’espace naturel ont été mis à disposition d’EDF pour un projet photovoltaïque qui a démarré à l’automne 2017", précise François Sgro. Ce dernier n’a pas encore prévu, comme sur le site de Florange, de systématiser les contrats de performance énergétique, même si “les meilleures pratiques sont partagées dans le groupe".

Aurélie Barbaux Grand reporter Énergie & industrie durable
Aurélie Barbaux

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