ArcelorMittal Espagne va vendre au Maroc 46 000 tonnes de rail high-tech pour la ligne à grande vitesse Tanger-Kénitra

La filiale espagnole du géant de l'acier a emporté le contrat pour la livraison en 2014 et 2015, de 46 000 tonnes de rails à l’Office national des chemins de fer (ONCF) et destinés à la future ligne à grande vitesse du nord du Maroc.

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ArcelorMittal Espagne va vendre au Maroc 46 000 tonnes de rail high-tech pour la ligne à grande vitesse Tanger-Kénitra
Assemblage de traverses en béton pour la LGV Maroc

Un contrat de poids ! Selon une communication d'ArcelorMittal Espagne, l'ONCF (Office national des chemins de fer) marocain a conclu un accord de livraison de 46 000 tonnes de rails ferroviaires avec la filiale espagnole du N°1 mondial de l'acier.

Objectif: équiper la future LGV (ligne à grande vitesse) qui doit relier la ville de Tanger à celle de Kénitra distantes de 200 km en moins d'une heure de temps.

Un projet dont le matériel roulant (motrice et voitures) avait été gagné par Alstom et la signalisation par le groupement Ansaldo-Cofely. La construction de la ligne ayant été emporté elle, par Colas.

La production des rails débutera donc dès janvier 2014 sur le site sidérurgique d'ArcelorMittal près de la ville de Gijón le long de la côte des Asturies. Le contrat doit s'étaler sur 2014 et 2015. Une commande bienvenue pour ce site diversifié (il produit aussi des fils ou plaques pour les chantiers navals comme STX à Saint Nazaire) qui comme toute la sidérurgie européenne connait des problèmes de sous-charge.

Les rails fournis répondront aux spécifications techniques et tolérance très strictes des lignes à grande vitesse : nuances d'acier, profil, état de surface, facilité de soudage, résistance à l'usure, etc...

De ce fait, la production ne pouvait être réalisée au Maroc. Les deux sidérurgistes du pays, Maghreb Steel et Sonasid, une filiale à 32% d'ArcelorMittal n'y produisent pas de rails. Ce type de production nécessite des laminoirs dédiés et, sur ce marché relativement étroit, seuls quelques sites en Europe fabriquent des rails pour la grande vitesse.

Gijon un site intégré
Le complexe sidérurgique intégré ArcelorMittal de Gijon (ex-Aceralia) comprend un terminal portuaire (charbon et minerai), une cokerie et deux hauts fourneaux, les seuls du pays. A cela s’ajoutent une acierie, une ligne pour tôles fortes, une autre pour le fil machine et enfin un laminoir à rail. La capacité des haut-fourneaux est de plus de 4,7 millions de tonnes. La ligne rail a une capacité de 380 000 tonnes. Le groupe dispose aussi d’un site tout proche à Avilès.

Outre le site ArcelorMittal de Gijon, le groupe indien Tata Steel exploite ainsi notamment en France l'usine spécialisée de Hayange (Moselle) en Lorraine dans laquelle il vient de consentir de gros investissements. Ce site a notamment fourni les rails du tramway de Casablanca (il serait en lice pour l'extension du réseau de Rabat), ainsi que, dans le domaine de la grande vitesse, notamment la nouvelle LGV Bretagne. Un des point clé du process de fabrication des rails est la ligne de traitement thermique qui confère la résistance au rail. A Gijon, ArcelorMittal peut traiter des rails jusqu'à 75 mètres, quand l'usine Tata Steel de Loraine après ses récents investissements atteint 108 mètres. Parmi les autres acteurs de ce marché en Europe, on relève aussi l'italien Lucchini ou l'autrichien VoestAlpine.

Selon ArcelorMittal, le site de Gijón produit ce type de rails pour la grande vitesse depuis 1990. Il a fourni des voies ferrées en grande vitesse à près d’une trentaine de pays dont l'Espagne, la France, le Portugal ou l'Allemagne. Outre l'Espagne, ArcelorMittal fabrique des rails notamment en Pologne et en République tchèque et affirme avoir déjà plus d'un million de tonnes de rail pour lignes à grande vitesse au compteur. Le montant du contrat marocain n'a pas été dévoilé mais il se chiffre en dizaines de millions d'euros.

Nasser Djama et Pierre-Olivier Rouaud

Stock de rails à l'usine ArcelorMittal de Gijon (dr)

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