ArcelorMittal : coup de froid sur le chaud liégeois

Les fermetures des hauts-fourneaux et aciérie d’ArcelorMittal en Wallonie sont définitives, annonce le sidérurgiste le 14 octobre.

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ArcelorMittal : coup de froid sur le chaud liégeois

La direction d’ArcelorMittal a confirmé la fermeture du chaud de Liège avec le licenciement de 220 employés cadres et 361 ouvriers lors du conseil d'entreprise qui s’est tenu le 14 octobre à Flémalle, au siège du groupe en Belgique. Une centaine de travailleurs étaient venus au centre acier pour attendre la mauvaise nouvelle.

Au lendemain de l’annonce de la décision d’ArcelorMittal de fermer la phase à chaud de Liège, un piquet de grève spontané s’était formé le 13 octobre devant le site de Chertal (Herstal). "On ne travaillera pas aujourd’hui. La direction s’est foutue de notre gueule. On se battra pour sauver notre outil", affirmait Alain Van Damme (43 ans), rapporte le quotidien belge les affaires, L’Echo. A quelques kilomètres de Chertal, au siège d’ArcelorMittal à Flémalle, de nombreux travailleurs s’étaient déplacés pour interpeller ses dirigeants venus participer au conseil d’entreprise extraordinaire programmé dans le cadre de la "loi Renault" en matière de licenciement collectif, mais reporté au lendemain, relate le quotidien.

La Région wallonne, actionnaire à moins de 1% du numéro un mondial de la sidérurgie, a réagi en bloquant un contrat de recherche de 4 millions d'euros et les brevets qu'elle a financé. Elle devrait également exiger le remboursement de 20 millions d’aides à la recherche accordées depuis 2000. Le groupe devra également payer 20 millions d'euros s'il ne refait pas en profondeur les hauts-fourneaux. Un engagement, hérité d’Usinor, puis d’Arcelor, qui n'a jamais été respecté.

"Nous seront intraitables"

"La situation économique et internationale invoquée par ArcelorMittal est insuffisante pour justifier la fermeture du chaud à Liège. Les bénéfices d’ArcelorMittal sont là pour le prouver. Tout groupe multinational qu’il est, nous nous attacherons à ce qu’ArcelorMittal respecte ses obligations sociales, environnementales et industrielles. Nous serons intraitables sur ce point", a mis en garde Rudy Demotte (PS), ministre-Président de l’exécutif wallon. Pour leur part, les syndicats ont demandé à Elio Di Rupo, le formateur du gouvernement, de nationaliser la sidérurgie liégeoise en investissant un milliard d’euros pour la remettre à flot. "L’Etat a bien débloqué 4 milliards pour Dexia…pourquoi pas un milliard pour la sidérurgie liégeoise", suggèrent les syndicats.

La fermeture, qui va supprimer plus de 2 000 emplois directs et indirects, a été annoncée le 12 octobre au lendemain de la reprise du travail décidée par les travailleurs des sites belges du sidérurgiste, après 9 jours de grève. Les deux hauts-fourneaux de Liège (HF6, à l’arrêt depuis 3 ans et HFB, depuis 2 mois) et l’aciérie de Chertal seront définitivement fermés. Pour les travailleurs avec une certaine ancienneté c’est le retour du plan Apollo qui, en 2003 quand Arcelor n’avait pas encore été racheté par Mittal, prévoyait la fermeture de tous les hauts-fourneaux qui n’étaient pas situés au bord de la mer.

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