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L'Usine Matières premières

ArcelorMittal confirme qu’il ne relancera par les hauts-fourneaux de Florange

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ArcelorMittal a confirmé lundi 17 décembre ne pas vouloir relancer une filière liquide à Florange (Moselle). Le groupe devait se prononcer sur l’avenir des deux hauts-fourneaux placés sous cocon dans le cadre de l’accord signé en 2012 avec l’Etat français. Le groupe injectera toutefois 22 millions d’euros supplémentaires sur le site pour augmenter la capacité de sa future ligne de galvanisation.

ArcelorMittal confirme qu’il ne relancera par les hauts-fourneaux de Florange
ArcelorMittal entend privilégier les investissements dans les activités de transformation à haute valeur ajoutée à l’instar de la galvanisation, plutôt que la relance d’une filière liquide à Florange.
© ArcelorMittal Atlantique Lorraine

Après six longues années d’hibernation, le réveil de la filière liquide à Florange (Moselle) apparaissait peu probable aux yeux des 2300 salariés du site. ArcelorMittal a confirmé lundi 17 décembre ne pas vouloir relancer ses deux hauts-fourneaux lorrains, à l’arrêt depuis 2011. L’usine sidérurgique continuera de transformer de l’acier (2,6 millions de tonnes en 2018) à partir des demi-produits ou "brames" issus de la coulée continue des hauts-fourneaux de Dunkerque (Nord). "Nous avons comparé différents scénarii : la relance d’un voire deux hauts-fourneaux à Florange et la construction d’une aciérie électrique. Ces options auraient renchéri de 15 à 20 % le coût de revient des brames par rapport à celles actuellement fabriquées à Dunkerque pour alimenter la filière aval de Florange", indique Éric Niedziela, directeur-général d’ArcelorMittal Atlantique et Lorraine (Amal).

Dans l’accord signé le 30 novembre 2012 avec l’Etat français, le géant mondial de l’acier s’était engagé à se prononcer à partir du 1er décembre 2018, sur le devenir des hauts-fourneaux lorrains P3 et P6. A l’issue d’une période de six ans, ArcelorMittal devait réévaluer la possibilité de redémarrer ces installations, "soit en cas de retour du marché, soit en cas de projet de nouvelle technologie". Il s’était également engagé à supprimer 629 emplois sans licenciement et à investir 180 millions d’euros. Le groupe indique que 300 millions d’euros ont finalement été injectés en six ans.

Accords pour Dudelange

"La branche ArcelorMittal Atlantique Lorraine affiche aujourd’hui un bon équilibre avec 7 millions de tonnes de capacité de production de brames et autant de capacité de laminage. La réouverture d’un ou deux hauts-fourneaux aurait détruit de la valeur en amenant à produire 1 à 2 millions de tonnes d'acier supplémentaire à des coûts supérieurs au marché. Nous préférons injecter de l’argent dans les activités à haute valeur ajoutée de transformation de l’acier" indique le directeur-général de la branche Amal.

A ce titre, le groupe sidérurgique annonce le 17 décembre un investissement complémentaire de 22 millions d’euros à Florange pour porter la capacité de sa future ligne de galvanisation de 600 000 à 800 000 tonnes. Son entrée en production programmée pour septembre 2019 vise à accompagner la hausse de la demande en Usibor, un acier dédié au marché européen de l’automobile. Cette augmentation de capacités est liée au rachat par ArcelorMittal de l’italien Ilva en cours de finalisation. En effet, le train à chaud de Florange alimente pour moitié les unités du site lorrain (packaging, industrie et automobile) et pour moitié les usines de Basse-Indre (Loire-Atlantique), Mouzon (Ardennes) et Dudelange (Luxembourg). Or l'accord de la Commission européenne en cours de finalisation pour le rachat d'Ilva prévoit notamment la cession à Liberty House du site de Dudelange qui produit 160 000 tonnes d’Usibor. "Nous allons passer des accords avec Liberty House qui permettront au site de Dudelange d'assurer un travail à façon pour Florange. Cependant, à terme, le site luxembourgeois devra faire évoluer sa production", analyse Éric Niedziela.

200 millions d’euros pour démanteler

Sur le plan technologique, ArcelorMittal poursuit le travail de recherche et développement engagé pour réduire l’empreinte carbone de sa production d’acier. Le groupe s’y était engagé dans l’accord de 2012. Le projet Igar conduit avec l’Ademe devrait permettre la mise en service à Dunkerque d’un pilote capable de recycler en partie le CO2 dans la filière liquide. Mais la technologie ne devrait pas être opérationnelle à l’échelon industriel avant 2025-2030.

Le coût de déconstruction des hauts-fourneaux du site de Florange (géographiquement situés sur la commune d’Hayange) et de remise en état des sols devrait avoisiner 200 millions d’euros. "Nous avons pour objectif de rendre les terrains disponibles sous trois à quatre ans, à compter de la délivrance des autorisations administratives", conclu Éric Niedziela.

Pas de relance d’une filière intégrée, cinquante ans après

1948
La mise en place d’une filière intégrée à Florange (Moselle) remonte à la création de la société Sollac. L’ensemble du site industriel est disséminé sur les communes de Rombas, Hayange, Florange, Sérémange, et Sainte Agathe.

2003
Le groupe européen Arcelor présente son plan Apollo prévoyant la fermeture progressive de six hauts-fourneaux en Europe dont deux en France, à Florange, à l’horizon 2010.

Janvier 2006
Mittal Steel lance une OPA hostile sur Arcelor, numéro deux mondial de l’acier. Florange figure parmi la dizaine de sites rachetés en France, en Espagne et au Bénélux.

Mars 2009
ArcelorMittal ferme son aciérie électrique de Gandrange (Moselle), voisine du site de Florange, entrainant la suppression de 575 emplois sur 1100.

Juillet 2011
Arrêt du haut-fourneau P3 à Florange.

Octobre 2011
Arrêt du second haut-fourneau P6 à Florange.

30 Novembre 2012
ArcelorMittal signe avec l’Etat français un accord prévoyant la mise sous cocon des deux hauts-fourneaux de Florange pour une période de six ans. L’accord prévoit également la suppression de 629 emplois sans licenciement et 180 millions d’euros d’investissement.

Décembre 2012
Abandon du projet européen Ulcos prévoyant d’expérimenter à Florange la fabrication d’un acier à faible émission de CO2. Ce projet de captage/stockage du CO2 (600 millions d’euros d’investissement) est remplacé par le projet LIS moins coûteux, prolongé par le projet Igar.

Mai 2014
ArcelorMittal lance Usibor, un acier de troisième génération dédié au marché européen de l’automobile. Cette nouvelle gamme à très haute résistance devient un produit phare du site de Florange.

Octobre 2016
François Hollande inaugure le centre de recherche publique MetaFensch promis en compensation de la fermeture de Florange.

Juillet 2017
ArcelorMittal annonce un investissement de 67 millions d’euros dans une seconde ligne de galvanisation à Florange.

1er décembre 2018
Arrivée à échéance des accords du 30 novembre 2012 entre l’Etat et ArcelorMittal.

 

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