ArcelorMittal concrétise son entrée en Chine

Le sidérurgiste devrait offrir au moins 1,7 milliard de dollars pour acquérir China Oriental.

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Le projet de reprise de China Oriental, le seul aciériste chinois échappant au contrôle de l'Etat, se renforce avec la publication ce matin de la signature d'un pacte d'actionnaires avec les actionnaires de référence de l'entreprise. Profitant du fait que China Oriental, coté à Hongkong, ne dépendait pas des règles édictées par les autorités chinoises, Mittal Steel Holdings AG, une filiale à 100% d'ArcelorMittal, avait acquis 820 millions d'actions ordinaires de China Oriental, soit 28,02% de la société, à Chen Ningning, pour un montant de 645 millions de dollars, devenant ainsi le deuxième porteur de titres de China Oriental.

Estimant qu'ArcelorMittal avait agi de concert avec Han Jinguyan, le président de l'aciériste chinois dont il détient 45,11% du capital, les autorités boursières auraient, selon le Financial Times, rappelé que le code local règlementant les OPA exigeait dans ce cas une offre sur l'ensemble des actions de la cible. De toute façon, ArcelorMittal indiquait dans son communiqué être prêt à faire une offre générale pour la société, en conformité avec la réglementation de la bourse de Hong Kong. Le prix de l'offre ne sera pas inférieur à 6,12 dollars de Hong Kong par action, soit le prix auquel une participation de 28,02% dans China Oriental a été achetée par ArcelorMittal à Chen Ningning précisait le sidérurgiste, soulignant son l'intention de maintenir la cotation de China Oriental après la clôture de l'offre générale. Le montant serait donc d'au moins 1,7 milliard de dollars soit environ 2,3 milliards de coût total pour l'acquisition de China Oriental, dont la cotation a été suspendue jusqu'au 19 décembre. Comparé aux 590 dollars par tonne de capacité payés pour mettre la main sur Arcelor, le montant de 380 dollars par tonne, qui correspond aux 2,3 milliards, laisse entendre que l'offre pourrait être revue à la hausse, estiment les analystes.

« Nous n'avons jamais caché notre souhait de participer plus activement au marché sidérurgique chinois, en forte croissance, et les accords que nous venons de signer constituent un pas en avant majeur en direction de cet objectif. Nous n'allons pas seulement renforcer notre position en Chine; ces accords vont aussi munir China Oriental Group de l'expertise et de l'expérience nécessaires pour devenir un producteur de poutrelles de premier plan en Chine » expliquait ce matin Lakshmi Mittal, le PDG d'ArcelorMittal. Le sidérurgiste a en effet signé un accord de coopération industrielle et commerciale avec China Oriental, portant sur « le partage de ses technologies, de son expertise technique et de son savoir-faire », ainsi que sur une aide tant commerciale que capitalistique. Afin de renforcer sa place dans la production de poutrelles lourdes en Chine, China Oriental recevra l'aide de son nouveau partenaire pour s'approvisionner en minerai de fer et en charbon, deux problèmes cruciaux pour les aciéristes chinois. Les capacités conjuguées des deux aciéries de China Oriental, (au Guangdong et au Hebei), devraient être augmentées de 6 à 10 millions de tonnes, mais aucun calendrier n'a été précisé.

Un niveau de coopération qui augure bien de l'intégration de China Oriental dans ArcelorMittal et qui constitue un pas décisif pour son implantation en Chine après les obstacles mis par les autorités aux rachats de Hunan Valin et de Laiwu, deux des dix premiers aciéristes du pays.

Daniel Krajka

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