Aquitaine: quand l’industrie fait (presque) consensus

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Aquitaine: quand l’industrie fait (presque) consensus

Mardi 19 janvier à Talence, près de Bordeaux, 300 personnes se bousculent pour assister à la grand-messe en faveur de l’industrie. Le préfet de région avait confié l’organisation à la chambre régionale de commerce et d’industrie (CRCI). Dans l’amphi de la BEM, l’école de commerce de Bordeaux, chefs d’entreprises, syndicalistes, étudiants et fonctionnaires s’installent. « Dommage qu’il n’y ait aucun socialiste, chuchote le bouillonnant président de la CRCI, Jean-Marie Berckmans. D’autant qu’Alain Rousset, le président du conseil régional, aime vraiment l’économie fait beaucoup pour l’industrie. » Sur scène, des entrepreneurs, le directeur d’une usine Dassault, des présidents de fédérations, une banquière et des représentants des syndicats. La conférence, animée par « L’Usine Nouvelle », peut commencer.

Les échanges portent sur des thèmes transversaux : innovation, formation, compétitivité ou encore croissance verte. Et sur quelques secteurs clés : un fonds d'intervention est souhaité pour l’aéronautique ; des mesures fiscales, sociales sont proposées pour la filière bois, très importante dans la région, un an après les ravages de la tempête Klaus. Au passage, les industriels du bois dénoncent la concurrence déloyale de la biomasse, favorisée selon eux par les pouvoirs publics. Bref, tout le monde communie pour défendre l’industrie régionale. Jusqu’au moment où un sous-traitant explique tranquillement qu’il a dû délocaliser une partie de son activité au Portugal, sa « filiale low cost » lui permettant de rester compétitif. Dans le public, un représentant de la CGT proteste : « Après, il y a eu des problèmes de qualité ! » Démenti cinglant du patron. La CGT, du reste, est la seule à grogner, y compris sur scène. « Pour défendre l’emploi et les salariés, nous avons fait plein de propositions dans les ateliers des états généraux, lance Philippe Mediavilla, secrétaire général de la CGT Aquitaine. Je constate dans le projet de compte rendu qu’aucune ne sera transmise à Paris par le Préfet. »

Après les tables rondes, Alain Juppé fait son entrée. Le maire de Bordeaux est aussi le président, avec Michel Rocard, du comité sur l’emprunt national. Il félicite ce gouvernement qui, une fois n’est pas coutume, a décidé de suivre presque toutes les préconisations formulées dans un rapport. A un détail près : « Le projet de loi réserve une enveloppe d’un milliard d’euros pour financer les mesures issues de vos états généraux, rappelle Juppé. Ça, c’est le gouvernement qui l’a rajouté. » Etrange de le préciser, juste ce jour-là.

Laurent Guez

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS