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L'Usine de l'Energie

Aquitaine : La nouvelle vie industrielle de Lacq

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La reconversion de l’ancien bassin gazier est en marche pour en faire une "Carbon valley".

(Arnaud Loth / Sud-Ouest)

A une trentaine de kilomètres de Pau (Pyrénées-Atlantiques), le bassin industriel de Lacq change de visage. Total a fermé presque tous ses puits de gaz et démonté d’innombrables vannes. Il y a un an, le géant français de l’énergie a cessé d’exploiter commercialement le gisement de gaz découvert en 1951. Mais une partie de ses immenses terrains a déjà trouvé un nouveau locataire, de renom qui plus est : Toray. Le puissant groupe nippon – 15,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 39 000 salariés – y a inauguré le 26 septembre 2014 une usine de 160 000 m2, qui impressionne par sa taille et détonne dans le paysage avec sa façade orange. Destinée à fabriquer la matière première de la fibre de carbone, jusque-là importée du Japon, "c’est la seule du groupe en Europe", précise Bernard Martin, le PDG de Toray Carbon Fibers Europe.

Ces autres écosystèmes

Bordeaux (Gironde) Une ancienne caserne militaire, sur la rive droite de la Garonne, a été transformée en bureaux. Une centaine d’entreprises et d’associations, représentant près de 350 emplois, se sont installées à Darwin. 

Saint-Geours-de-Maremne (Landes) Le pôle Domolandes abrite 20 start-up innovantes, bureaux d’études et entreprises spécialisés dans le bâtiment durable et la construction du futur.

Dax (Landes) Pulseo est un centre d’innovation technologique en navigation satellitaire. Il comprendra un incubateur, une pépinière et un hôtel d’entreprises.

Bordes-Assat (Pyrénées-Atlantiques) Mi-2016, Metallicadour, un centre spécialisé dans les technologies de pointe pour la transformation et la mise en forme des métaux va mettre en relation les grands donneurs d’ordres aéronautiques et les PME du secteur de la métallurgie. Le bâtiment sera situé sur la zone aéroport.

L’investissement est conséquent : 120 millions d’euros. Avec, à la clé, une cinquantaine d’emplois directs. Et plus encore demain. D’ici à cinq ans, une deuxième chaîne de pré-imprégnation de fibres devrait voir le jour et pourrait employer au minimum une centaine de personnes. Le groupe japonais veut en faire son pôle européen pour fournir les secteurs de l’aéronautique, de l’automobile et de l’éolien. Le bassin gazier de Lacq se transforme en "Carbon valley" progressivement.

Ces investissements sont le fruit d’une longue reconversion bien préparée par les pouvoirs publics et Total… Le groupe pétrolier français, qui emploie 2 800 personnes dans son centre de R&D de Pau, s’est engagé à préserver 3 % du gisement de gaz pour permettre aux industriels du bassin de Lacq de s’alimenter en énergie à bon marché pendant trente ans. Ce qui préservera la compétitivité de ce site Seveso 2. Sobegi, filiale à 60 % de Total, et Arkema ont investi, avec le soutien de l’État et des collectivités locales, 154 millions d’euros dans une nouvelle usine de traitement pour exploiter le fond du gisement. Les collectivités locales, ont signé un chèque de 12 millions d’euros pour tenter de convaincre Toray. Total a, de son côté, envoyé plusieurs hauts cadres au Japon pour leur démontrer tout l’intérêt du site de Lacq.

Près de 8 000 emplois préservés

"C’est rare d’avoir un site Seveso 2 avec autant d’espace disponible et une telle acceptabilité de l’industrie par la population", met en avant Pierre Nerguararian, le président de Chemparc, un groupement d’intérêt public fondé en 2003 pour faciliter l’implantation d’entreprises et de projets dans le bassin de Lacq. Le site a séduit Hydro-Québec, le géant canadien de l’énergie, qui y a ouvert le 1er janvier un premier laboratoire de recherche. Son ambition est de produire d’ici à 2020 la batterie du futur, à base de lithium-fer-phosphate (LFP) et qui utiliserait des nanoparticules. En six ans, quelque 400 millions d’euros pourraient être investis sur place pour couvrir l’ensemble de la chaîne de fabrication de ces batteries, de la poudre jusqu’au système de stockage. Six cents emplois directs pourraient être créés si ce projet venait à se concrétiser.

Quelques "anciens" industriels confortent leur présence, à l’image de Novasep, dans la chimie fine, qui investit 33 millions d’euros dans une nouvelle unité de fabrication d’un principe actif pour l’industrie pharmaceutique, et plus particulièrement pour les maladies cardio-vasculaires. Au final, le travail de reconversion du bassin gazier semble porter ses fruits. Ce ne sont pas moins de 7 600 emplois industriels, contre 8 000 au pic de la production de gaz dans les années 1980, qui devraient être préservés dans le bassin de Lacq.

En Dordogne, une filière cuir émerge

Un pôle excellence rurale (PER) cuir a vu le jour en 2012 dans le Périgord, grâce à un partenariat public–privé unissant l’État, la région Aquitaine, le département de la Dordogne et des entreprises. Porté par la chambre économique de la Dordogne, qui réunit les trois compagnies consulaires, et financé par la société CWD (sellerie haut de gamme pour cavaliers), il est installé à Nontron. Il a pour mission de mettre en place, d’ici à 2018, au nord de la Dordogne, une filière courte capable de répondre aux besoins d’approvisionnement en cuirs de haute qualité des entreprises locales du luxe telles que Repetto et Hermès. Dix-neuf éleveurs ont d’ores et déjà optimisé leurs pratiques d’élevage, notamment en améliorant les mesures de prophylaxie (traitement des parasites). Trois investissements, financés par l’État, la Région et le Département, d’un montant global de 1,3?million d’euros, sont également en cours dans les abattoirs de Thiviers et Ribérac et dans les Tanneries de Chamont, implantées à Saint-Pardoux-la-Rivière.

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