Après Withings, une autre pépite de la santé, Medtech, passe sous pavillon étranger

La renommée de ses robots d’assistance aux chirurgiens a fait le tour du monde. Dix ans après avoir refusé, la PME Montpelliéraine Medtech a finalement décidé de se faire croquer par le géant américain de la chirurgie orthopédique Zimmer.

 

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Après Withings, une autre pépite de la santé, Medtech, passe sous pavillon étranger

Dix ans après, le géant américain de l’équipement chirurgical a finalement eu gain de cause. En 2006, il avait tenté de s’emparer de Medtech, pépite française spécialisée dans la robotique médicale. A l’époque, son fondateur, Bertin Nahum, s’était offert le luxe de refuser, au profit d’un autre choix risqué : céder à Zimmer le portefeuille de brevets de son robot Brigit, spécialisé dans la chirurgie orthopédique, en échange de plusieurs millions d’euros. "Cela nous a permis de garder ce que je jugeais essentiel : notre équipe, avait-il confié ensuite à L’Usine Nouvelle. Et d’avoir les moyens de développer Rosa..." Lancé en 2009, ce "GPS médical" à 300 000 euros, à guidage laser pour assister le bras du neurochirurgien dans de délicates opérations du cerveau, a depuis fait le tour du monde et la renommée de Bertin Nahum, sacré en 2012 "quatrième entrepreneur high-tech le plus révolutionnaire au monde" par une revue canadienne.

Valorisée 164 millions d'euros par Zimmer

Mais ce 18 juillet 2016, la PME de Castelnau-le-Lez, tout près de Montpellier, a finalement décidé de passer dans le giron de Zimmer. Ce dernier s’est emparé de près de 59% du capital de Medtech, au prix de 50 euros par action, auprès d’actionnaires historiques comme Bertin Nahum et le fonds Newfund. Zimmer prévoit de lancer une offre de rachat sur la totalité de l'entreprise, cotée sur Nyse-Euronext, qu’il valorise - en comptant l'intégralité des actions, des obligations convertibles et des bons de souscription - à 164 millions d'euros selon Newfund.

En 2013, Bertin Nahum refusait encore de passer sous giron américain. "Nous sommes une société résolument française et fière de l’être, nous confiait-il. Et pour être côté aux Etats-Unis, il faut avoir une présence assez significative sur le territoire nord-américain. Nous y avons monté une filiale qui commence à vendre nos machines dans des hôpitaux de renom aux Etats-Unis et au Canada, mais notre présence y est encore limitée." Il s’était justement servi des fonds levés lors de l’introduction en bourse de Medtech pour investir significativement dans le développement commercial, notamment en Amérique du Nord.

face à d’énormes concurrents de la robotique

Mais la PME française qui espérait atteindre d’ici 2017 une vingtaine de millions d’euros de chiffre d'affaires et l’équilibre financier, était-elle de taille à faire le poids face à des compétiteurs massifs, comme la division santé de l’équipementier General Electric ou le fabricant de robots Intuitive Surgical ? Ou, sur le marché de son dernier robot Rosa Spine, destiné à la chirurgie mini-invasive de la colonne vertébrale, à l’israélien Mazor, coté au Nasdaq, à la capitalisation boursière près de cinq fois plus grande et aux investissements colossaux ?

Toujours est-il qu’elle n’avait, en juin 2016, encore enregistré que 11,2 millions d’euros de chiffres d’affaires annuel (en exercice décalé), en hausse de 73% certes par rapport à l’année précédente. Mais elle enregistrait toujours 2,6 millions d’euros de pertes en juin 2015 (les chiffres n'étant pas encore disponibles pour 2015-2016).

Faire de Montpellier "un centre d’excellencE" dans la robotique

Zimmer se veut rassurant. Promettant qu'il a "l'intention de poursuivre les activités de Medtech au siège social actuel à Montpellier" et d’en faire "un centre d’excellence pour le développement de ses activités robotiques", et d’en confier la direction à Bertin Nahum. Reste que Bpifrance risque de grincer des dents. Il y a deux ans, la banque publique d’investissement avait octroyé à Medtech un financement de 5 millions d’euros sur cinq ans sous forme de subvention et d’avance remboursable, pour un programme d’innovation stratégique industrielle (ISI) réunissant trois partenaires. A Medtech de prouver qu’il n’abandonnera ni son ancrage hexagonal, ni ses projets d’innovation.

Gaëlle Fleitour

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