Après les réserves émises par le PS, retour sur la saga Hinkley Point

Hier, le Parti socialiste a émis des réserves sur le projet de construction de deux réacteurs de type EPR à Hinkley Point. La direction d'EDF et le gouvernement chinois souhaitent poursuivre ce projet alors que le Comité central d'entreprise (CCE) semble préoccupé par la santé financière du groupe et que le gouvernement britannique a donné un coup de frein au projet Hinkley Point.

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Après les réserves émises par le PS, retour sur la saga Hinkley Point
Le PS, contrairement au gouvernement français, émet des réserves sur le projet Hinkley Point. /Photo d'archives/REUTERS/Suzanne Plunkett

Le PS émet des réserves sur le projet Hinkley Point. Dans un communiqué paru hier, le PS a déclaré : "Un projet dont l’importance est telle qu’elle engage la solidité et la pérennité de l’énergéticien national impose que soient levées toutes les interrogations et les réserves avant d’aller plus loin dans sa réalisation". Hinkley Point est le projet de construction de deux réacteurs de type EPR au Royaume-Uni pour un montant d’environ 21 milliards d’euros.

Depuis le Brexit, les discussions autour de ce projet ne sont pas de tout repos. Suite au vote britannique, EDF avait confirmé son engagement. Mais le Comité centrale d’entreprise (CCE) a refusé de se prononcer début juillet estimant "ne pas être en mesure d’émettre un avis sur le projet" puisqu’il demande des informations supplémentaires à la direction d’EDF. Le CCE a déposé un recours en référé pour avoir ces informations, et l’audience est fixée au 22 septembre. Mais la direction d’EDF estime que le refus de se prononcer du CCE vaut accord pour continuer le projet.

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EDF continue la procédure, les britanniques freinent le projet Hinkley Point

Ainsi, le 28 juillet, le Conseil d’administration (CA) du groupe a voté à dix voix contre sept en faveur du lancement du projet Hinkley Point. Ce vote a eu lieu alors qu’un administrateur du groupe, Gérard Magnin, a démissionné le matin-même mettant en avant les risques liés à Hinkley Point. Par la suite, le tribunal des référés a rejeté la demande de suspension de la décision finale d’investissement du CA d’EDF demandée par le CCE.

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La signature du contrat avec les gouvernements britanniques et chinois devait avoir lieu le lendemain. Toutefois, à la surprise générale, Theresa May, nouvelle Première ministre, annonce son intention de revoir attentivement tous les aspects du projet. Le gouvernement britannique précise qu’il rendra sa décision à l’automne.

Le gouvernement français continue de soutenir ce projet en expliquant la position britannique. Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, s'est exprimé dans le Journal du dimanche : "Le nouveau projet gouvernement britannique a confirmé son engagement en faveur du nucléaire et du projet Hinkley Point. Il s'agit d'un délai propre à une gouvernement qui arrive, qui devrait se terminer en septembre".

Le gouvernement chinois, qui détient un tiers du projet Hinkley Point, a vivement critiqué la décision britannique. La Chine "espère que le Royaume-Uni parviendra à une décision aussi rapide que possible afin de garantir une mise en œuvre sans accroc du projet". Alors que les relations sino-britanniques se tendent, certaines voix se font entendre en France expliquant que la direction d’EDF était au courant de la volonté du gouvernement britannique de reporter sa décision avant même que le CA ne se réunisse.

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Les relations se tendent entre les syndicats et la direction d’EDF

La polémique enfle. Trois syndicats de l’énergéticien, la CGT, CFE-CGC et FO, estiment que "la délibération du CA d’EDF sur Hinkley Point, prise sur la base d’informations incomplètes, est nulle et non avenue". Ils ajoutent : "La volonté britannique à aller très vite a toujours été présentée comme la justification de l’urgence à signer". Plusieurs administrateurs, sous couvert de l’anonymat, affirment ne pas avoir été au courant des hésitations britanniques et auraient souhaité l’être. Le résultat du vote aurait pu être différent.

Dans un courrier adressé le 2 août au comité exécutif et obtenu par Reuters, le PDG d’EDF a expliqué qu’il avait été informé tard le 27 juillet, soit avant le vote du CA, que la première ministre britannique Theresa May, "demandait un peu plus de temps, sans remettre en cause l’intérêt du projet". Il ajoute ne pas connaître le contenu du communiqué de presse du gouvernement britannique. Et EDF a annoncé quelques jours après que Jean-Bernard Lévy allait attaquer en justice le syndicat Sud Energie qui l’a accusé de mensonge. La saga continue.

Léna Corot avec Reuters

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