Economie

Après les "pigeons" et les "poussins", les "dupés" émergent mais peinent à se faire entendre

Solène Davesne , ,

Publié le

Depuis le succès des "pigeons" apparus à l’automne pour protester contre la taxation des plus-values de cession, ce type de mouvement fait tache d’huile. Ces jours-ci, ce sont les "poussins", militants pour le maintien du statut de l’autoentrepreneur, qui donnent du fil à tordre au gouvernement. Les derniers arrivés sont "les dupés" qui réclame une simplification des règles fiscales et sociales. Mais la sauce prend plus difficilement.

Après les pigeons et les poussins, les dupés émergent mais peinent à se faire entendre © Morgue File - CC. - penywise

À l’origine du mouvement se trouve un groupe d’une dizaine de patrons de PME de Saint-Étienne dans le secteur du textile. Tendance vieille industrie plus que net-economie. "J’avais envie de pousser un coup de gueule. La manière dont la France évolue ne nous convient pas", assure Dominique Jabouley, le porte-parole du petit groupe qui s’est baptisé "les dupés", dirigeant d’une entreprise familiale de fabrication de galons de dentelles de soutien-gorge.

Un mouvement d’humeur contre le "trop de règles" et le "trop de charges". Et un peu aussi contre les organisations patronales, accusées par les industriels d’être trop loin des préoccupations des "dirigeants de terrain". La bête noire des industriels stéphanois, dans leur manifeste en ligne, c’est la lourdeur administrative. "L’Etat fait toujours pareil : chaque fois qu’une réforme est menée, il faut que ce soit compliqué pour les entreprises. En trente ans, le code du travail a triplé de poids", critique Dominique Jabouley, qui n’avait pas signé la pétition des "pigeons" en décembre. Ils voient d’un mauvais œil la mise en place de l’accord de sécurisation de l’emploi (ANI), qui risque de "de faire peser un poids supplémentaire" sur les entreprises. "Il faut refuser tout nouvel accord tant que le code du travail n’a pas été refondu", réclame encore Dominique Jabouley, qui attend beaucoup du "choc de compétitivité" promis par François Hollande.

Complexité du crédit d’impôt compétitivité et emploi

Alors qu’ils saluent la baisse du coût du travail de 20 milliards d’euros consenti par le gouvernement, ils critiquent la complexité du crédit d’impôt compétitivité et emploi (CICE). "Cela aurait été mieux de réduire nos charges Urssaf toutes les fins de mois", remarquent les « dupés ». Pour baisser encore le coût du travail, le système de financement de protection sociale devrait être revu pour n’assurer que les besoins essentiels comme l’hospitalisation ou les cotisations retraites et l’assurance chômage.

Pour l’instant, les industriels stéphanois ont reçu que 1400 signatures, encore loin des 73 000 "piou-piou" autoentrepreneurs. Le coup de gueule est encore loin du grand soir. Mais il illustre aussi l’impatience croissante d’une partie des patrons, devant des réformes économiques trop lentes à produire leurs effets. Selon le dernier baromètre de Fiducial, la cote de confiance du gouvernement auprès des patrons de TPE est tombée à 14 % contre 32 % en juillet dernier.

Solène Davesne

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