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L'Usine Auto

Après le scandale, Volkswagen annonce ses premières mesures

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Volkswagen a présenté au gouvernement allemand ses premières propositions visant à remettre aux normes ses moteurs trafiqués. Certains véhicules feront l’objet d’une mise à jour logicielle. Pour d’autres une modification complète du moteur sera nécessaire.

Sommaire du dossier

 

Après le temps des révélations vient celui des propositions concrètes. Comme promis, le groupe de Volksburg a fourni au gouvernement allemand mercredi 7 octobre au soir, une liste de mesures techniques visant à remettre aux normes les moteurs incriminés.

Ce plan d’action est désormais à l’étude au sein de l’agence fédérale des immatriculations (KBA), qui rendra son verdict dans les prochains jours. Il en ressort que les moteurs Diesel Euro-5 de 1,2 ; 1,6 et 2 litres devront être modifiés. Rappelons que 11 millions d’automobiles sont concernées dans le monde, dont huit millions en Europe.

Selon les premiers éléments du rapport, pour les moteurs 2,0 litres, une mise à jour logicielle serait suffisante. Cette solution sera mise au point cette année et déployée sur les véhicules dès le début de l’année prochaine.

En revanche, pour les moteurs 1,6 litres, en plus d’un nouveau logiciel, des modifications sur le moteur seront nécessaires. Ces mesures, qui concerneraient 3,6 millions de voitures, "ne seront pas prêtes avant septembre 2016", pointe cependant le rapport de VW, cité par le ministre des transports lors d’une conférence de presse.

Concernant les moteurs 1,2 litres, aucun détail n’a pour l’heure été fourni. Il n’est pas non plus encore précisé quelle sera la nature des modifications techniques effectuées sur le moteur. "Il s’agit du moteur EA 189 en combinaison avec différentes boîtes de vitesse et des spécificités régionales, avait déjà détaillé Matthias Müller cette semaine dans les colonnes du Frankfurter Allgemeine Zeitung. Nous ne cherchons donc pas trois solutions, mais des centaines ».

Ces derniers jours, plusieurs experts automobiles allemands s’étaient également risqués à faire des hypothèses concernant les adaptations nécessaires. Vraisemblablement, il faudra changer la motorisation en ajoutant de nouveaux injecteurs ou de nouveaux catalyseurs. Autant d’actions qui auront un impact sur les caractéristiques des moteurs.

Des moteurs bridés ? 

En effet, comme le rappelle Stefan Bratzel, directeur du Centre de gestion automobile allemand (CAM), "le volume des gaz d’échappement est en corrélation avec la puissance du moteur. Si je programme moins de puissance, alors effectivement, les émissions de gaz d’échappement diminuent".

Les utilisateurs sont donc en droit de s’interroger sur l’impact de ces modifications sur les performances futures de leur voiture. Il n’est pas certain qu’ils accepteront de laisser brider leur voiture, alors qu’ils l’avaient achetée avec d’autres caractéristiques techniques.

"De plus, si un catalyseur doit fonctionner plus souvent, cela fait forcément augmenter la consommation de carburant", poursuit Bratzel. Une deuxième mauvaise nouvelle pour les propriétaires.

Une autre inconnue réside dans la pérennité de ces modifications qui n’ont pas été prévues dans la conception initiale de la voiture. "Que se passera-t-il avec l’échappement, qui devra fonctionner davantage que prévu", s’interroge encore Bratzel. Quoiqu’il en soit, les conducteurs concernés doivent encore s’armer de patience en attendant le début des rappels massifs.

Une facture salée

Rien que pour ces modifications techniques, l’addition s’avèrera en tout cas salée pour le groupe allemand. Selon les analystes du cabinet Equinet, le coût de mise en conformité pourrait aller de 100 euros par véhicule jusqu’à 10 000 euros. Au total, le coût technique pourrait s’élever à 6,5 milliards d’euros, une somme que Volkswagen dit avoir déjà provisionnée. Mais au total, le Crédit Suisse a estimé que l’affaire, entre les frais d’avocats, les amendes et les conséquences commerciales, pourrait coûter au groupe entre 23 et 78 milliards d’euros. Sans compter les retombées en termes d’image.

A l’origine, la décision prise en 2005 de trafiquer le moteur pour mettre ses émissions en conformité avait pour but d’économiser 300 euros par véhicule. Comme souvent dans la tricherie, la sanction s’avère donc bien plus lourde que les bénéfices.

Gwénaëlle Deboutte

 

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