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L'Usine Santé

Après le retrait du Cytotec, quelles alternatives en gynécologie

Coralie Lemke

Publié le

Malgré son autorisation de mise sur le marché pour des troubles gastriques, le Cytotec était majoritairement utilisé en gynécologie. Alors que Pfizer a décidé de suspendre sa commercialisation, les autorités françaises s'organisent pour trouver des alternatives. 

Après le retrait du Cytotec, quelles alternatives en gynécologie
Pfizer a décidé d'arrêter de commercialiser le Cytotec.
© Wikimedia commons

A partir d’aujourd’hui, impossible d’utiliser du Cytotec dans un cadre gynécologique. Le laboratoire Pfizer, qui le produisait jusqu’à présent, a décidé d’arrêter la commercialisation de ce médicament censé être utilisé en gastro-entérologie. La molécule active, le misoprostol, avait obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en 1986 dans le traitement des ulcères. Mais le médicament était en réalité utilisé à 94% en gynécologie pour des IVG, des interruptions médicales de grossesse (IMG), des fausses couches ou encore des déclenchements d’accouchements.

"Le misoprostol a la particularité d’aider à l’expulsion", explique Dominique Martin, le directeur de l’ANSM. Mais le médicament est mis en cause pour des effets indésirables. En France, l’association Timéo et les autres dénonce "des accidents graves" dus à "un médicament contre l’ulcère gastrique détourné de son usage par quelques gynécologues pour déclencher les accouchements à faible coût".

Deux RTU pour pallier au manque

Les professionnels de santé vont donc devoir utiliser des alternatives au Cytotec à partir d’aujourd’hui. "Pour les IVG, IMG et fausse couche, deux médicaments contenant du misoprostol sont déjà sur le marché : Gymiso (200 microgrammes) et MisoOne (400)", explique Dominique Martin. L’Agence nationale de sécurité du médicament se veut rassurante. Elle assure avoir demandé à Amring et Nordic Pharma, les laboratoires qui produisent ces deux médicaments, d’augmenter leur production afin d’assurer la transition. En temps normal, ces deux médicaments n’ont d’autorisation que pour les IVG. Mais l’ANSM assure avoir pris les devants. "Nous avons mis au place des Recommandations temporaires d’utilisation (RTU) pour les autres situations."

Un médicament au dosage adapté toujours en attente

Concernant les accouchements, l’ANSM rappelle que Gymiso et MisoOne ne sont pas adaptés. "Quand la femme est à terme et qu’il faut pour des raisons médicales déclencher l’accouchement, les doses ne sont pas du tout les mêmes, car l’enfant doit pouvoir supporter les contractions", rappelait le directeur de l’ANSM lors d’un point d’information mi-février. "Nous avons déjà dit qu’un médicament découpé en huit ne correspond pas à une bonne utilisation de la molécule. Nous voulons mettre à disposition un produit qui sera directement au bon dosage."

Pour cela, l’ANSM a octroyé une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour l’Angusta du laboratoire Azanta, qui présente l’avantage d’avoir un dosage adéquat de 25 microgrammes par comprimé. "Nous attendons que la Haute autorité de santé fixe le prix de ce médicament et qu’il passe en commissions de transparence. Il n’est donc pas disponible pour le moment", explique un porte-parole de l’ANSM. "Mais il y a des alternatives déjà sur le marché", avance Jean-Michel Race, directeur des médicaments dans plusieurs spécialités médicales à l’ANSM, dont la gynécologie. "C’est le cas du Propess, qui s’administre par voie vaginale ou de l’oxytocine par intraveineuse." L’Angusta, lui, ne devrait pas être disponible sur le marché français avant plusieurs mois.

 

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