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L'Usine Auto

Après le diesel, le filtre à particules bientôt obligatoire sur l'essence

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Publié le , mis à jour le 07/10/2016 À 07H36

PARIS (Reuters) - Les équipementiers spécialisés dans les filtres à particules doivent faire face actuellement à une forte augmentation des commandes des constructeurs automobiles. Ces derniers devront bientôt ajouter aux voitures essence cet équipement obligatoire sur le diesel depuis 2011.

Après le diesel, le filtre à particules bientôt obligatoire sur l'essence
Les équipementiers spécialisés dans les filtres à particules doivent faire face actuellement à une forte augmentation des commandes des constructeurs automobiles qui devront bientôt ajouter aux voitures essence un équipement obligatoire sur le diesel depuis 2011.
© Renault

Les constructeurs automobiles vont bientôt devoir ajouter aux voitures essence des filtres à particules obligatoires sur les diesels depuis 2011. "Nous avons une demande de plus en plus importante en filtres à particules pour l'essence. Elle s'est accélérée depuis un an", a déclaré à Reuters Luc Herbin, responsable R&D de la division Technologies de contrôle des émissions de Faurecia, numéro un mondial du secteur, lors des journées presse du Mondial de l'auto.

La technologie essence, jusqu'ici plus vertueuse que le diesel en matière de particules, est désormais atteinte du même mal que sa cousine. Les moteurs essence turbo à cylindrée réduite, qui ont depuis plusieurs années le vent en poupe, ont en effet adopté le même système d'injection directe du carburant dans la chambre de combustion, et si leur consommation a chuté, leurs émissions de particules ont fait un bond.

Le prochain tour de vis réglementaire en matière d'émissions automobiles devrait fait l'objet d'un vote européen le 7 décembre, pour une entrée en vigueur moins d'un an après, dès septembre 2017 pour les nouvelles gammes de véhicules.

"Je ne sais pas ce qui va se passer avec les fournisseurs, mais on est en train de rentrer les filtres rapidement", a déclaré au salon de l'auto de Paris Alain Raposo, directeur de la planification des motorisations de l'alliance Renault-Nissan. "Bien sûr que ça coince, quand tous les constructeurs arrivent chez les mêmes fournisseurs et qu'on veut tous mettre des filtres à particules, ça crée un peu d'engorgement."

L'allemand Eberspaecher dit n'avoir connaissance à ce jour d'aucune pénurie. "Nous pouvons confirmer une hausse de la demande sur les filtres à particules, à laquelle nous réagissons en ajoutant des équipes supplémentaires et en renforçant également nos capacités de production", a dit à Reuters une porte-parole du numéro trois du secteur.

Hugues Boucher, responsable R&D et Environnement à la Fiev (Fédération des industries des équipements pour véhicules), n'a pas encore eu non plus eu de retour de ses adhérents sur d'éventuelles pressions ou retards en matière de livraisons.

Incertitude sur les métaux précieux utilisés pour les filtres

"Il y avait une certaine visibilité sur ce changement réglementaire, il faut bien entendu convertir l'outil industriel pour passer du diesel à l'essence, mais tout le monde le savait", a-t-il souligné. "En revanche, on peut raisonnablement s'inquiéter de la fluidité des approvisionnements si des marchés comme la Chine ou l'Inde décident à leur tour de s'équiper massivement en filtres à particules."

L'un des goulots d'étranglement potentiels se situe au niveau des métaux précieux qui entrent dans la composition d'un filtre à particules, notamment les platinoïdes qui en tapissent les parois pour faciliter la régénération du filtre quand les suies sont devenues trop abondantes. Ces platinoïdes sont extraits pour l'essentiel de gisements situés en Russie et en Afrique du Sud.

Faurecia n'a pas souhaité commenter les implications industrielles de ce surcroît de demande. Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès du numéro deux du secteur, l'américain Tenneco.

Pour Reuters, Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot

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