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Après la France, l’Allemagne interdit le fracking non conventionnel

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Vendredi 24 juin, les députés allemands ont voté à 436 voix contre 119 l’interdiction de la fracturation non conventionnelle du gaz de schiste (fracking). Seuls les projets de recherche restent autorisés.

Après la France, l’Allemagne interdit le fracking non conventionnel © Salque Jean-Louis D.R.

A l’issue de plusieurs années de débats houleux, l’Allemagne a emboîté le pas à la France en interdisant la fracturation hydraulique non conventionnelle pour l’exploitation du gaz de schiste. Autorisée en Angleterre et aux Etats-Unis, cette technique très controversée repose sur l’injection d’un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l’extraction de gaz et de pétrole enfouis dans des couches géologiques compactes et peu profondes.

Sensibles à l’inquiétude de la population face à une possible pollution de l’environnement et des eaux, les députés allemands ont donc voté ce vendredi à 436 voix contre 119 (et 9 abstentions) pour entériner son interdiction. Seuls quatre projets soigneusement choisis, à des fins scientifiques et non commerciales, pourront être autorisés, "pour parfaire les connaissances" sur le procédé et ses effets notamment sur la nappe phréatique. En revanche, le texte ne concerne pas la fracturation conventionnelle, pratiquée de longue date en Allemagne. Celle-ci concerne les hydrocarbures situés dans des réservoirs poreux et perméables, dont l’exploitation est plus facile.

Les industriels concernés avaient annoncé la semaine dernière vouloir faire le forcing

Alors que le projet de loi date d’avril 2015, le sujet a été rajouté à la dernière minute à l’ordre du jour du Bundestag, chambre basse du Parlement. Las d’attendre une redéfinition du cadre juridique, les industriels concernés avaient annoncé la semaine dernière vouloir faire le forcing et poursuivre leurs projets gelés depuis cinq ans. Selon ces entreprises, l’exploitation des gaz de schiste grâce à cette technique permettrait d’abaisser les coûts de l’énergie. Mais l’opposition au fracking reste forte outre-Rhin, en témoigne la résistance de la population locale là où des projets ont été annoncés.

Un texte a minima "entre l’Euro et le Brexit"

De fait, les Chrétiens-démocrates (CDU) et les Sociaux-démocrates (SPD) ont salué un "bon compromis qui met fin à des années d’atermoiements". "Cette loi protège à la fois la nature et la santé tout en préservant le droit à l’exploitation des gaziers", s’est ainsi félicité Sigmar Gabriel, le ministre SPD de l’économie et de l’environnement. Mais les Verts et les associations écologistes ont dénoncé de leur côté un texte a minima, voté dans l’urgence, "entre l’Euro 2016 de football et le vote britannique sur le Brexit". "Ce que le gouvernement a voulu nous vendre comme une interdiction du fracking est en fait une autorisation et offre aux exploitants de gaz la sécurité de pouvoir continuer à vider le sous-sol", a commenté Anton Hofreiter, député Verts.

Les membres du Bundestag ont par ailleurs annoncé que la décision sera réexaminée en 2021, pour réévaluer le bien-fondé de l’interdiction à cet horizon. Là encore, les écologistes ont dénoncé une "porte laissée ouverte".

Gwénaëlle Deboutte, à Berlin

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