L'Usine Energie

Après la démission d'un administrateur, le conseil d'EDF donne son feu vert pour Hinkley Point

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Publié le , mis à jour le 29/07/2016 À 14H46

Gérard Magnin, membre du conseil d'administration d'EDF, a présenté sa démission à Jean-Bernard Levy, ce jeudi 28 juillet. Soit quelques heures à peine avant le conseil d'administration qui a finalement approuvé la décision finale d'investissement concernant la construction de réacteurs EPR à Hinkley Point, en Angleterre.

Après la démission d'un administrateur, le conseil d'EDF donne son feu vert pour Hinkley Point © Paulo CC Flickr

"Espérons qu’Hinkley Point n’entraîne pas EDF dans un abîme de type AREVA comme certains le craignent. EDF aurait alors perdu sur tous les tableaux". Gérard Magnin - dans sa lettre de démission adressée au PDG d'EDF et publiée par Les Echos - ne pouvait pas être plus clair. C'est bien un désaccord profond sur la question des réacteurs EPR d'Hinkley Point qui aura provoqué son départ, à l'instar de Thomas Piquemal, ancien directeur financier du groupe.

Gérard Magnin, membre du Cese France-Comté Bourgogne, évoque aussi le fait que "le centre de gravité d’EDF se déplace encore davantage vers le nucléaire." "Etant administrateur proposé par l’Etat actionnaire, je ne souhaite pas cautionner plus longtemps une stratégie que je ne partage pas", indique-t-il également.

Lors du conseil d'administration qui s'est tenu dans l'après-midi, Jean-Bernard Levy n'a pu compter que sur cinq voix sur les six membres du conseil proposés par l'Etat. Les six administrateurs salariés ont voté contre le projet d'Hinkley Point C. "Quatre administrateurs indépendants sur six devront se prononcer en faveur du projet pour obtenir une majorité de neuf voix (sur 17)", écrit Les Echos. La voix du PDG est prépondérante et entre sur le quota des indépendants. Il restait donc à Jean-Bernard Lévy à convaincre trois des cinq autres administrateurs.

Un défi qu'il a visiblement relevé puisque le Conseil d'administration d'EDF réuni le 28 juillet 2016 a pris la décision finale d'investissement et "donné à son Président l'autorisation d'en assurer la pleine exécution dans le cadre du processus de signatures de tous les contrats et accords nécessaires pour construire les deux réacteurs nucléaires d’Hinkley Point C (HPC) dans le Somerset, au sud-ouest de l’Angleterre", écrit EDF dans un communiqué. 

Dans la foulée, Londres a mis un coup de frein à la construction de ces réacteurs EPR. Le nouveau gouvernement, mené par Theresa May,  s'est donné jusqu’à l’automne pour prendre une décision sur ce projet.

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2 commentaires

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31/07/2016 - 01h57 -

ça commence fort non ? Bravo les british ! Rhoooo la claque pour EDF ! Après s'être écharpé en interne, tout le gouvernement qui pousse derrière et bang! on va reréfléchir qu'ils disent ! c'est des cruels, faites gaffe !
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29/07/2016 - 09h39 -

Consommant de électricité et étant un contribuable fortement ponctionné , dois je provisionner les futures hausses d’impôts que nos gouvernants nous ferons passer pour renflouer EDF , Areva et les autres . Raz le Bol de ces hauts fonctionnaires qui vivent sur notre dos et prennent des décisions inconsidérées , ils ne sont jamais sanctionés et toujours recasés. Ont ils au moins tenus compte du BREXIT ?
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