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Après la catastrophe de Gênes, beaucoup d'interrogations sur l'état des ponts français

Simon Chodorge , , ,

Publié le

La catastrophe de Gênes survenue en Italie le 14 août a attiré l'attention sur la sécurité des ponts français. Le 10 juillet, un rapport commandé par le gouvernement a alerté sur l'état du réseau national non concédé. Mais ces ponts gérés par l'État ne représentent qu'une petite partie des ouvrages en France.

Après la catastrophe de Gênes, beaucoup d'interrogations sur l'état des ponts français
Le viaduc de Millau (Aveyron), un des ponts les plus emblématiques du réseau routier français.
© Mike Lehmann / CC-BY-SA-2.5

Le mardi 14 août, l’effondrement d’un pont à Gênes (Italie) a provoqué la mort d’au moins 38 personnes. La catastrophe intervient à un instant critique pour le gouvernement français. Un mois avant le drame, le 10 juillet, un rapport commandé par le ministère des Transports a décrit “une forte dégradation” du réseau national non concédé. En marge de ce document, plusieurs questions restent en suspens sur la gestion des ouvrages français.

Le réseau national non concédé comporte 12 000 ponts. Les auteurs du rapport, les sociétés Nixbuxs et IMDM, se penchent tout particulièrement sur leur état. Selon eux, 30% de ces ponts ont besoin de réparations. “Le plus souvent, il s’agit de petites réparations afin de prévenir l’apparition de dégradations structurelles”, tempère le document.

Mais sur ces 12 000 ouvrages, 840 (soit 7%) témoignent de dommages “plus sérieux, présentant à terme un risque d’effondrement et donc la forte probabilité de fermer préventivement ces ponts à la circulation des poids lourds ou de tous les véhicules”, alerte le rapport.

Le dernier incident sur un pont français s’est d’ailleurs déroulé sur le réseau national non concédé. Le 15 mai, sur l’A15, un mur de soutènement du viaduc de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) s’est affaissé en partie. L'incident n’a pas fait de victime mais il a généré des difficultés de circulation.

Le réseau national non concédé : une petite partie du maillage français

Paradoxalement, la catastrophe de Gênes attire l’attention sur le réseau national mais il ne représente qu’une petite partie du maillage français. Le réseau non concédé comporte seulement 12 000 ponts routiers quand la France en compte au total 266 000 selon le site Planète TP.

Du côté du réseau national concédé, il faut compter environ 9000 ponts exploités sur les autoroutes par 23 sociétés concessionnaires ou exploitantes. On retrouve parmi elles Vinci Autoroutes, la Société des Autoroutes du Nord et de l'Est de la France (SANEF) ou encore la Compagnie Eiffage du Viaduc de Millau (CEVM). Sur son site, l’association qui regroupe ces entreprises, l’ASFA, défend la bonne sécurité de ses infrastructures : “Avec une baisse de 51% de tués depuis 2002, le réseau autoroutier concédé est cinq fois plus sûr que le réseau routier national.”

Beaucoup moins marginaux mais plus discrets, la plupart des ponts sont donc gérés par les départements et les communes. Selon les chiffres de Planète TP, 125 000 ponts se trouvent sur les routes départementales et 120 000 sur les routes communales. L’état de ces ouvrages communaux et départementaux est plus mystérieux puisque les données sont difficiles à agréger…

La programmation et le financement des infrastructures abordés à la rentrée

Le sort des réseaux des collectivités devrait revenir au centre des discussions prochainement. Avec l’autopartage, la programmation et le financement des infrastructures font partie des sujets importants de la loi d’orientation sur les mobilités (LOM) qui sera présentée à la rentrée. Le texte est susceptible de comporter des mesures pour allouer aux collectivités de nouvelles ressources pour la maintenance de leurs routes.

En mai, la ministre des Transports Elisabeth Borne a également annoncé le lancement d’un plan de sauvegarde des routes nationales. En 2019, 1 milliard d’euros sera alloué à la rénovation des chaussées et des ouvrages d’art. En 2018, 800 millions d’euros seront dépensés pour le même but.

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2 commentaires

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17/08/2018 - 09h37 -

Dans les années 70 il existait des entreprises comme Pétrissant à Angers qui faisaient le contrôle des ponts et faisait travailler des centaines de personnes. Aujourd'hui ou sont passé ces entreprises ? A force de contraintes elles ont toutes disparues ? Rien que la formation obligatoire d'un ouvrier scaphandrier qui était déjà de 4000€ en 1990 à rendu la chose impossible ! Alors des ponts qui s'écroulent, on a pas finit d'en voir ! Malgré ça, les prélèvements pour cet entretien n'ont pas diminué la charge de nos impôts. Alors ou est passé cet argent qui servait à cet entretien ?
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Nom profil

17/08/2018 - 09h13 -

Bonjour, Attention au catastrophisme ambiant. L'incident évoqué sur un mur de soutènement du viaduc de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) de l'A15 concerne un mur en terre armé du remblai d'accès au viaduc et ne concerne donc pas explicitement la structure même du viaduc sauf erreur. Certes, le mur en question est adjacent à la culée du pont mais l'indicent aurait très bien pu se produire en section courante, puisque il semble que ce soit la corrosion des liernes qui aurait causé la chute du mur. Le réseau français est l'un des meilleurs d'Europe, que ce soit en terme de qualité de construction ou de niveau de sécurité et de service. Au passage,le système à péage prend d'ailleurs ici tout son sens, puisque c'est l'utilisateur qui paie l'accès et l'entretien de l'infrastructure. Enfin, à l'instar des voitures, les ouvrages du réseau font l'objet de suivis techniques rigoureux selon une instruction technique de 2011 : http://www.piles.setra.equipement.gouv.fr/itseoa-r447.html
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