Après l'affaire Volkswagen, l'Europe moins sévère avec les tests antipollutions

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Publié le , mis à jour le 29/10/2015 À 09H57

La Commission examinait le 28 octobre le dernier volet du projet de norme environnementale Euro 6c. Après une fermeté affichée il y a quinze jours suite au scandale Volkswagen, la Commission aurait fait quelques concessions aux constructeurs (soutenus par leurs gouvernements nationaux) sur le respect des seuils de pollution, notamment pour les oxydes d’azote.  


Controle pollution diesel sur route - Crédits Jean-François Préveraud

Après avoir fait la grosse voix il y a quinze jours, la Commission européenne s'est finalement montrée moins sévère avec l’industrie automobile européenne. Les commissaires ont en effet décidé le 28 octobre que le coefficient de conformité entre les résultats obtenus par un véhicule à l’homologation et ceux mesurés en conduite réelle serait de 2,1 entre 2017 et 2019, puis de 1,5 à partir de 2019. Ce coefficient sera introduit dans la norme Euro 6c en septembre 2017.

 

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Posté par Philippe Lamberts sur mercredi 28 octobre 2015
 

Coefficient de 2,1
Mi-octobre, la Commission européenne envisageait une version plus restrictive, avec un coefficient de 1,6 en 2017, puis 1,2, voire 1,18 en 2019. Avec le coefficient de 2,1 la Commission se rapproche du niveau envisagé par l’industrie automobile. Plusieurs ingénieurs et managers évoquaient jusqu’à mi-octobre un coefficient de conformité de 2,5 à 3.

Le coefficient de conformité s’applique notamment aux émissions d’oxyde d’azote qui ne doivent pas dépasser dans la norme Euro 6c 80mg/km. Dès 2017, si un véhicule émet 80mg. "Si à l’homologation, une voiture émet 80 mg de NOx par kilomètre, elle ne devra pas émettre sur la route plus de 128 mg avec un coefficient 1,6, nous expliquait mi-octobe un ingénieur. Aujourd’hui, c’est cinq à sept fois plus [soit 560mg, ndlr]".  Avec un coefficient de 2,1, le véhicule pourra alors émettre jusqu’à 168 mg de NOx par kilomètre. Le nouveau cycle de tests en conditions réelles (RDE) a aussi été approuvé aujourd’hui.

Lobbying des Etats
Selon plusieurs sources, dont les agences Bloomberg et Reuters, différents gouvernements auraient bataillé ces derniers jours pour que la Commission Européenne ne pose pas de règles trop dures. L’Allemagne, l’Italie mais aussi la Grande-Bretagne auraient poussé pour un coefficient supérieur au chiffre d’1,6 initialement évoqué.

Pauline Ducamp

 

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