Après Florange : Arnaud Montebourg doit changer de stratégie

C'est lui qui avait lancé l'idée d'une nationalisation d'ArcelorMittal à Florange. Finalement, leprojet explosif du ministre du redressement productif n'a pas été retenu. En lieu et place, un accord assurant l'avenir du site et surtout aucun licenciement sec a été conclu. Un échec qui doit servir d'électrochoc à Arnaud Montebourg. Pour relancer l'industrie, il doit absolument changer de stratégie.

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Après Florange : Arnaud Montebourg doit changer de stratégie

La semaine ne s’est pas terminée comme elle avait commencé pour Arnaud Montebourg. Le ministre du redressement productif avait, dès lundi, réussi à imposer dans le débat public l’idée de nationalisation pour sauver le site de Florange qu’ArcelorMittal voulait fermer. D’abord vue comme incongrue et anachronique, l’idée avait reçu le soutien de personnalités de gauche et même de droite, comme Christian Estrosi, et du centre comme Jean-Louis Borloo ou François Bayrou. Tous jugeaient la solution intéressante… si elle était provisoire !

Las, la raison économique l’a emporté, hier soir : le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault a rappelé que « la nationalisation (…) n’est pas efficace face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité. » Comprendre : dans le cas de Florange, il n’y a aucune raison de nationaliser le site. Son principal problème, ce n’est pas son actionnaire mais son marché qui se dérobe sous ses pieds.

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On ne peut que se féliciter de ce dénouement sur ce point… tout en doutant de la qualité de l’accord dévoilé hier par Jean-Marc Ayrault. Il est notamment permis de douter de la force des engagements pris par ArcelorMittal. Le principal (180 millions d’euros d’investissement) s’étale sur cinq ans et ne représente qu’un petit tiers de la somme que les experts estiment nécessaire pour mettre à niveau les hauts-fourneaux en un an…

Ceci dit, pour Arnaud Montebourg, cette issue est un échec. Il vient clairement de perdre une manche en voyant s’évanouir son projet de nationalisation. Ce dernier a en fait servi de lièvre pour permettre à Matignon de nouer un accord a minima. Le problème, c’est que dans ce jeu de rôle (dont le ministre du redressement productif est conscient), il vient de perdre une partie de sa crédibilité auprès des salariés. Eux ont cru que l’Etat allait vraiment voler à leur secours. Eux ont cru que leur avenir passer par une nationalisation. Ils n’ont pas sur lire, comme le microcosme parisien, entre les lignes des formules à l’emporte-pièce du ministre.


Au-delà du lien de confiance qui se trouve brisé, le risque est grand de voir les métallos de Florange se radicaliser. Pour eux l’accord signé ne vaut rien. On ne peut guère les contredire. Le but de leur combat était de redémarrer les deux hauts-fourneaux de leur aciérie, dans l’accord, il est clairement précisé qu’ils ne seront pas relancés tout de suite… faute de débouchés !

Pour Arnaud Montebourg, le dossier Florange doit être un révélateur. Depuis son arrivée à la tête du ministère du redressement productif, il a multiplié les invectives à l'égard des patrons. On se souvient de ses sorties sur PSA, sur Hyundai ou sur la famille Mittal qu'il ne voulait plus voir en France. Il doit rompre avec cette logorrhée belliqueuse. Ne pas se complaire dans un rôle de méchant flic dont l'unique mission serait d'aller faire des leçons de morale aux dirigeants d'industrie en difficulté. S'il maintient ce cap, il va tout simplement s'isolait des réalités économiques du pays et se priver de possibles leviers de redressement. Il doit élargir le champ de son maroquin. Aujourd'hui, on n'y parle seulement d'usines malades. Le redressement productif, ce n'est pas que cela. Le ministre doit aller voir les germes du renouveau productif qui poussent ici ou là, notamment dans le numérique. Parler un peu moins de Florange et des usines en difficulté et aller voir les petites pousses discrètes qui écrivent l'avenir de notre industrie. C'est moins médiatique mais plus efficace.

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