Après Arkema, Solvay se désengage des PVC

Le groupe Solvay annonce un rapprochement avec Ineos pour ses activités PVC. L’entreprise a déjà prévu de les céder d’ici à six ans. La filière française du PVC est plus fragile que jamais…

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Après Arkema, Solvay se désengage des PVC

Aux mêmes maux, des remèdes différents. Alors que les groupes de chimie Arkema et Solvay étaient tous deux confrontés au manque de rentabilité de leurs activités de production de Polychlorure de vinyle (PVC), ils ont opté pour des solutions opposées. Arkema a fait le choix en novembre 2011 de céder son pôle au groupe Klesch, spécialisé dans la reprise de sites en difficultés. Au vu de l’imbroglio qui se déroule depuis plusieurs mois maintenant, Gary Klesch n’aura finalement pas failli à sa réputation d’homme d’affaires quelque peu controversé sur ses méthodes…

Le groupe Solvay, qui laissait entendre depuis plus d’un an sa volonté de se désengager des PVC, vient quant à lui de trouver une solution présentée comme plus pérenne : il créé une joint-venture à 50/50 avec le chimiste suisse Ineos. Une alliance qui devrait aboutir à la création de l’un des trois premiers producteurs mondiaux de PVC dans le monde. Si les autorités de la concurrence valident ce rapprochement, qui pourrait amener Ineos à une position ultra majoriatire en Europe, l’entreprise formée devrait afficher un chiffre d’affaires de 4,3 milliards d’euros et un effectif de 5 650 personnes répartis dans neuf pays et 17 usines.

Dans le détail, Solvay va recevoir un prépaiement de 250 millions d’euros avec cette opération. Et sa sortie est déjà prévue : elle s’effectuera entre 4 à 6 ans après la création effective de la joint-venture. A ce moment, Solvay valorisera sa part à 5,5 fois l’excédent brut d’exploitation. Ineos deviendra dès lors le seul et unique propriétaire. Par rapport à la stratégie d’Arkema qui s’est tourné vers une société d’investissement ultra diversifiée, les synergies industrielles entre Solvay et Ineos semblent plus évidentes.

Un nouveau géant du PVC

Il faut dire que ces groupes sont réciproquement les 4ème et 5ème producteurs mondiaux de PVC (hors Chine). Le périmètre de la JV comprend 7 usines de Solvay (2 300 salariés) et 10 d’Ineos (3 350 salariés). "Les synergies concerneront avant tout les achats d’énergie et de matières premières", précise Jean-Pierre Clamadieu, le PDG de Solvay. Elles concerneront également une spécialisation des usines par gamme de produits, un partage de bonnes pratiques et une réduction des coûts logistiques et de transports. La viabilité du projet repose donc en partie sur les économies d’échelle qui seront obtenues.

Si Solvay et Arkema ont procédé à des choix stratégiques différents, ils n’en sont pas moins confrontés au même défi : comment se débarrasser d’une activité qui n’est plus rentable et se recentrer sur les produits à haute valeur ajoutée ? Depuis la crise économique entamée en 2008, qui a entrainé dans sa chute des secteurs comme la construction et l’automobile, très consommateurs de PVC, les surcapacités restent très importantes en Europe.

Pas de fermeture d’usines envisagée

Alors que la demande en PVC est aujourd’hui 30% inférieure à celle de 2007, les exportations hors d’Europe semblent condamnées à diminuer... Autre facteur aggravant mis en avant par le PDG de Solvay : un scénario énergétique peu favorable en Europe. Il met à mal la production de PVC, plastique issu de l’éthylène et du chlore. L’explosion des gaz de schiste aux Etats-Unis et de nouvelles capacités de production de gaz au Moyen-Orient provoquent une chute de compétitivité de l’énergie et des matières premières en Europe. On produit du PVC moins cher ailleurs…

Ce rapprochement entraînera-t-il des baisses d’effectifs ? Une question qui se pose d’autant plus que les déboires récents de Kem One ont prouvé la fragilité de la filière PVC en France. Solvay dément formellement les fermetures d’usines et les risques de réduction d’effectif pour le moment. En France, trois sites sont concernés par ce rapprochement : Tavaux (Jura) et Feyzin (Rhône) du côté de Solvay et Mazingarbe (Pas-de-Calais) pour Ineos. Si les investisseurs ont bien accueilli la nouvelle du rapprochement, nul doute que les salariés des sites concernés attendront d’obtenir certaines garanties avant de se réjouir.

Olivier James

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