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Apprentissage : pourquoi la conférence sociale est passée à côté du sujet

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Publié le , mis à jour le 09/07/2014 À 08H49

La conférence sociale serait un succès... ou plus exactement pas un échec. Difficile cependant d'en tirer des satisfecits. Sur l'apprentissage, par exemple, les mesures annoncées ne devraient pas réveiller de manière durable un système qui est avant tout victime de notre système éducatif. Dans nos écoles, la formation par alternance est vue comme une voie de garage qui ne peut mener à l'excellence. A tort.

Apprentissage : pourquoi la conférence sociale est passée à côté du sujet © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Allons ! Ne mâchons pas nos mots. Cette conférence sociale est ratée. Ce rendez-vous censé porter à son paroxysme la stratégie de dialogue social du président de la République a subi un véritable camouflet suite au refus de deux organisations syndicales de participer aux tables rondes et au départ d'une autre en cours de discussion (mais est-ce le bon terme ?).
 
La preuve que ce grand rassemblement n'a rien produit de bon, c'est l'apprentissage. Depuis des années, on veut faire de ce dispositif de formation par alternance notre arme principale pour lutter contre le chomage. Il y a dix ans déjà Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Emploi, promettait de porter à 500 000 le nombre d'apprentis (en 2009 !). Las ! Lorsque l'on se penche sur les derniers chiffres de ce dispositif, on constate qu'il est en net repli depuis le début de l'année après une année 2013 déjà négative.
 
Le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé une série de mesures, et notamment débloqué 200 millions d'euros, pour le relancer. Mais cela risque d'être inefficient. Le problème de l'apprentissage n'est pas qu'un problème d'argent. Quand on regarde les statistiques sur une longue période, on voit nettement que le nombre d'apprentis ou d'alternants (contrat de professionnalisation...) évolue en fonction du niveau d'activité économique. C'est quasiment mécanique : une faible croissance bride les embauches et notamment celles de jeunes en alternance.
 
>> A lire : L'appel de Louis Gallois pour relancer l'apprentissage
 
L'autre frein  - sans aucun doute le plus important - qui bride l'apprentissage, c'est notre système éducatif. Il n'accorde aucun crédit aux formations professionnalisantes. En classe de troisième, les parcours de découverte de l'entreprise sont ainsi "réservés" et fortement conseillés aux jeunes en rupture de ban avec le collège unique. Quant aux voies professionnalisantes, qui proposent naturellement un système de formation par alternance, elles sont vues par les professseurs comme des voies de garage pour les élèves en difficulté. Pour preuve, cette réflexion d'un professeur de mon entourage qui me soutenait que l'on ne pouvait pas devenir ingénieur par la voie de l'apprentissage ! Un peu comme si le niveau requis était trop élevé pour ces jeunes perçus par les enseignants comme moins performants que les autres...
 
Pour réveiller l'apprentissage, on pourra aligner tous les millions que l'on veut, ces efforts resteront vains. Ce dont notre pays a besoin, et particulièrement l'éducation nationale, c'est de changer son regard sur ce mode de formation par alternance. On cite souvent l'Allemagne en exemple en la matière, imitons-la alors ! De l'autre coté du Rhin, l'alternance est LE mode de formation par défaut, pas l'exception. Et cela à tous les niveaux. 

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