Apple, Samsung et Volkswagen soupçonnées d'utiliser du cobalt extrait par des enfants

Samsung, Sony, Apple, Microsoft, Lenovo et Volkswagen figurent parmi les acheteurs de cobalt de compagnies minières chinoises épinglées dans un rapport d'Amnesty International rendu public cette semaine. L’ONG alerte sur les conditions de travail dans les mines de République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt, et exhorte les industriels à s’emparer du dossier de la traçabilité de leurs matières premières.

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"Les atteintes aux droits humains en République démocratique du Congo alimentent le commerce mondial du cobalt", alerte Amnesty International dans un rapport publié cette semaine. La moitié de l’offre mondiale de ce composant essentiel des batteries rechargeables présentes dans les smartphones ou les tablettes, provient de République démocratique du Congo. Selon des estimations gouvernementales, 20% des exportations de cobalt émanent de mineurs dits "artisanaux", qui extraient le minerai à la main, et recourent, souligne l’ONG, au travail des enfants, en dépit de son interdiction. En 2014, l’Unicef estimait que 40 000 jeunes filles et garçons travaillaient dans des mines au sud de la RD Congo.

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L’étude, menée en avril-mai 2015 avec African Resources Watch sous forme d’entretiens et de déplacements, met en exergue les risques encourus par les personnels. Le travail des minières artisanales, dont le nombre est compris entre 110 000 et 150 000, s’effectue dans des conditions de sécurité lacunaires et, pour nombre d’entre elles, au sein de zones non-autorisées. "Quand on sort de la mine, nous sommes fatigués. Il y a beaucoup de poussières. Certaines personnes ont des problèmes avec leurs poumons", témoigne un des mineurs interrogés. L’absence d’équipements de protection, le port récurrent de charges lourdes et de mauvaises conditions d’aération sont notamment dénoncés.

L'Etat et les industriels en cause

"Non seulement les représentants de l'État sont au courant de ces activités minières non approuvées, mais ils en tirent un bénéfice financier" accuse Amnesty International. Mais les entreprises utilisatrices de cobalt ne sont pas non plus exemptes de reproches. Dans ses Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme, l’Organisation des Nations unies affirme que les entreprises doivent "identifier leurs incidences sur les droits de l’Homme, prévenir ces incidences et en atténuer les effets, et rendre compte de la manière dont elles y remédient".

Après avoir identifié plusieurs acheteurs de cobalt, dont la chinoise Huayou Cobalt et sa filiale Congo Dongfang mining international (40% de la production congolaise), l’ONG a entrepris de contacter 16 industriels figurant parmi leurs clients. Parmi ces derniers, on retrouve Apple, Daimler, HP, Lenovo, Microsoft, Samsung, Sony ou encore Volkswagen. Selon Amnesty International, ceux-ci ont principalement témoigné de la complexité de totalement maîtriser les chaînes de production, tandis que certains d’entre eux ont affirmé avoir lancé des enquêtes afin d’agir auprès de leurs fournisseurs.

Franck Stassi

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