Electronique

Apple préparerait ses propres écrans MicroLED... pour mieux se libérer de Samsung

Ridha Loukil , ,

Publié le

Analyse Selon Bloomberg, Apple s’attèlerait au développement de ses propres écrans MicroLED, une technologie pressentie comme l’avenir de l’affichage électronique. Avec la possibilité de lâcher ses quatre principaux fournisseurs d’écrans pour ses Apple Watch et iPhone et surtout se libérer de Samsung Display dans les écrans Oled.

Apple préparerait ses propres écrans MicroLED... pour mieux se libérer de Samsung
Apple veut remplacer l'écran Oled de l'Apple Watch par un écran MicroLED
© Apple

Guidé par l’obsession de se différencier sur le marché, Apple poursuit sa politique d’intégration verticale. Après le processeur d’application, le processeur graphique ou le circuit de gestion de l’alimentation, le géant californien des mobiles s’attaque à l’écran qui constitue le composant le plus onéreux de ses iPhone. Selon Bloomberg, il s’attèlerait au développement dans le plus grand secret, dans un site intégré de R&D et production à Santa Clara, en Californie, de ses propres écrans MicroLED, pressentis comme la prochaine technologie d’affichage électronique. Ce travail mobiliserait 300 ingénieurs. Un effort auquel s'ajouterait le travail d'un site d'assemblage à proximité et d'un site de réalisation de commande à transistors à Taiwan.

Coup de projecteur sur la technologie microled

La technologie MicroLED se présente comme une alternative prometteuse aux écrans Oled qui tendent à remplacer les écrans LCD. Comme un écran Oled, un écran MicroLED s’appuie sur des diodes électroluminescentes à raison de trois par pixel : une rouge, une verte et une bleue. Mais au lieu de matériaux organiques, les LED utilisent du nitrure de gallium, un minéral qui offre l’avantage d’un vieillissement moins rapide. L’autre différence réside dans la fabrication. Dans l’écran Oled, les matériaux des diodes sont déposés par évaporation sous vide ou par impression à jet d’encre. Dans les l’écran MicroLED, les LED sont fabriqués comme des puces électroniques sur des Wafers (des galettes de semiconducteurs), découpés, testés et conditionnés pour être ensuite transférées sur l’écran.

Outre la fiabilité, cette technologie offre selon le cabinet IHS Markit des avantages de luminosité, rapidité, consommation et tenue en température par rapport aux écrans Oled. Selon le cabinet Yole Développement, les premiers brevets la concernant remontent à 2000. Mais c’est en 2012 que Sony l’a fait connaitre au grand public avec son prototype de téléviseur CrystalLED, présenté alors comme une alternative aux téléviseurs Oled des coréens Samsung Electronics et LG Electronics. Le buzz autour de cette technologie a pris de l’ampleur quand Apple a racheté en 2014 LuxVue, une pépite américaine travaillant sur le transfert des LED sur un substrat pour former l’écran MicroLED.

Problème de coût à lever

La construction d’écrans MicroLED nécessite la miniaturisation des LED à quelques microns, ce qui ne semble pas être un obstacle. "Le premier verrou à lever concerne de transfert massif de LED sur le substrat d'affichage pour former l’écran, explique à L’Usine Nouvelle David Hsieh, analyste au cabinet IHS Markit. Il faut trouver un moyen efficace de faire ce transfert avec un bon rendement pour atteindre une production de masse. Le deuxième verrou à lever réside dans le coût. Alors que les coûts des écrans LCD et OLED sont en baisse constante, même avec une technologie de transfert prouvée en production de masse, le coût de la technologie MicroLED reste trop élevé. Il devra être réduit pour être compétitif avec les écrans actuels LCD et Oled."

Selon David Hsieh, Apple n’est pas seul à explorer ce développement. D’autres industriels comme Samsung, Playnitride, Sony, Sharp, Foxconn, Mikro Mesa, X-Celeprint ou Oculus (du groupe Facebook) planchent aussi sur le sujet. Mais le groupe de Tim Cook est celui qui semble avoir le plus de chance d’amener la technologie au niveau industriel. Selon les informations de Bloomberg, les montres Apple Watch devraient être les premiers produits à en bénéficier dans deux ans. Pour les iPhones, il faudrait attendre 3 à 5 ans.

Obstination d'Apple à aller jusqu'au bout

Ce développement est une mauvaise nouvelle pour les quatre principaux fournisseurs d’écrans de l’Apple Watch et de l’iPhone : les coréens Samsung Display et LG Display, et les japonais Japan Display et Sharp. L’une des raisons de l’obstination d’Apple à aller jusqu’au bout réside dans la volonté de se libérer de Samsung Display, son seul fournisseur d’écrans Oled pour son iPhone X. Or Samsung Display est filiale de Samsung Electronics, son grand rival dans les mobiles.

A priori, Apple ne bouleverserait pas son modèle "fabless", sans usine. Il se contenterait de développer sa technologie puis de confier la fabrication de ses écrans à des sous-traitants quitte à financer une partie des investissements industriels nécessaires.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte