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Apple dans l’œil du cyclone de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Analyse Après Micron Technology et Qualcomm, Apple pourrait être la prochaine victime collatérale américaine de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. De par ses choix industriels et stratégiques, la firme à la pomme se trouve dans une situation des plus vulnérables. L’impact serait mondial jusqu'en France.

Apple dans l’œil du cyclone de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine
Tim Cook, PDG d'Apple, s'inquiète de l'impact de la guerre commerciale sur son entreprise

Tim Cook, PDG d’Apple, a de quoi être nerveux. Il sait que son entreprise pourrait être, après Micron Technology et Qualcomm, la prochaine victime collatérale américaine de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Avec des conséquences autrement plus importantes non seulement pour le groupe, mais aussi pour l’ensemble de l’industrie mondiale.

Apple concerné en cas d'escalade

Le fabricant de puces mémoires Micron Technology a été contraint de retirer 26 de ses produits du marché chinois sous prétexte qu’ils violent les brevets du fondeur UMC et de Jinhua, un futur entrant local sur le marché des mémoires Dram. Le groupe américain a également reçu l’injonction d’arrêter aussi bien ses activités d’assemblage à Xi’an que commerciales à Shanghai.

La mesure de rétorsion contre Qualcomm est plus insidieuse. Pékin s’est contenté de trainer en longueur l’examen de la transaction avec NXP au-delà des délais, obligeant le numéro un mondial des puces mobiles à jeter l’éponge et renoncer à une opération stratégique de diversification dans l’automobile et l’Internet des objets.

Apple n’est pas touché par les premiers actes de la guerre commerciale entre Washington et Pékin. Mais Donald Trump envisage une nouvelle salve : étendre ses taxes à 500 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis. S’il met à exécution son plan, le groupe de Cupertino serait inévitablement entrainé dans l’œil du cyclone.

Presque 100% des iPhone fabriqués en Chine

Le géant californien des mobiles, plus grande entreprise d’électronique au monde avec un chiffre d’affaires de 261 milliards de dollars attendu sur l'exercice fiscal 2018 à clôturer en septembre et une capitalisation boursière de 960 milliards de dollars, la plus grande de toute l’histoire de la Bourse, a tout fait pour se mettre dans une situation des plus vulnérables. Il a choisi le modèle d’intégration horizontale, se contentant de développer ses produits puis d’en confier la fabrication à des sous-traitants électroniques. L’iPhone, qui représente 62% de son chiffre d’affaires total, est fabriqué presque en totalité en Chine principalement par le sous-traitant taïwanais Foxconn. Une position qui contraste avec celle de Samsung Electronics qui ne dépend de la Chine que pour seulement 20% de sa production de smartphones selon un article sur Investopedia.

Apple écoule la plus grande partie de ses produits aux Etats-Unis où il réalise 42% de son chiffre d’affaires. Ses produits sont déjà les plus chers du marché. Une taxe à l’importation de 25% parce qu’ils proviennent d’usines en Chine les rendrait encore plus chers. Le groupe de Tim Cook serait mis devant un dilemme : rogner sur ses marges pour limiter la hausse des prix ou répercuter la totalité de la taxe sur les consommateurs, ce qui se traduirait dans les deux cas par une détérioration des résultats de l’entreprise avec le risque de mécontenter les investisseurs et de provoquer la dégringolade de l’action en Bourse.

Risque d'éviction du marché chinois

L’autre risque réside en Chine, troisième marché d’Apple après les Etats-Unis et l’Europe, avec environ 20% de son chiffre d’affaires total. Pour Pékin, la firme à la pomme, qui figure dans le Top 5 de fournisseurs de smartphones dans le pays, constitue une cible de choix. Elle peut voir ses produits surtaxés ou carrément évincés du marché sous un prétexte quelconque à l’instar du sort infligé à Micron Technology. Une telle mesure est à double tranchant car Apple estime faire travailler 4,5 millions de personnes dans l’Empire du Milieu.

Les répercussions iraient au-delà des Etats-Unis et de la Chine, touchant l’ensemble de la chaine logistique mondiale. Selon le cabinet IHS Markit, Apple a acheté 47,2 milliards de dollars de puces électroniques en 2017, soit près de deux fois plus que Samsung Electronics. Son dernier smartphone phare, l’iPhone X, renferme quatre composants clés réalisés par STMicroelectronics en France. Une baisse significative de ses ventes aurait un impact négatif important non seulement sur ce fabricant de semi-conducteurs mais aussi sur Soitec, une société iséroise qui fournit son substrat de silicium sur isolant à de nombreux composants de l’iPhone.

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