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Apple, Amazon, Google, Alibaba… Ces géants du numérique à l’assaut des puces électroniques

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Analyse Issus de l’univers du logiciel, les géants d’internet sont de plus en nombreux à étendre leurs compétences à la conception de circuits intégrés électroniques. Si l’aventure répond au départ à des besoins captifs, certains osent maintenant se lancer sur le marché libre. De quoi bousculer des fournisseurs traditionnels de semi-conducteurs tels que Qualcomm, Intel et Nvidia.

Apple, Amazon, Google, Alibaba… Ces géants du numérique à l’assaut des puces électroniques
TPU Edge, la puce de Google dédiée à l'Edge computing
© Google

Attention, les fournisseurs de semi-conducteurs sont dans la ligne de mire de nouveaux concurrents pour le moins inattendus. Il s’appellent Apple, Amazon, Alibaba, Google, Facebook… Ces géants du numérique viennent de l’univers du logiciel, le cœur de leurs produits et services internet. Personne n’aurait soupçonné leur entrée dans les circuits intégrés électroniques au point de rivaliser aujourd’hui avec des maitres du secteur comme Qualcomm, Intel ou Nvidia.

Apple détrône Intel

Apple a été le premier à se lancer dans l’aventure. Depuis 2010, le géant californien des mobiles développe ses propres processeurs au cœur de tous ses produits à l’exception de ses Mac qui restent, eux, motorisés par des processeurs d’Intel. Pour le moment du moins. Cette stratégie d’intégration verticale obéit à une obsession : se différencier sur le marché en maitrisant le cœur technologique de ses iPhone, iPad, Apple Watch et autre Apple TV. A chaque génération de produit, il conforte son expertise, devenant la référence dans les processeurs d’application mobiles. Selon Ashraf Eassa, analyste sur le blog boursier The Motley Fool, il s’impose maintenant comme le meilleur concepteur de circuits intégrés électroniques complexes, battant ainsi Intel, roi des microprocesseurs pour PC et serveurs.

La firme à la pomme a mis le pied à l’étrier en rachetant en 2008 la pépite américaine PA Semi pour 278 millions de dollars. Amazon a fait de même en mettant la main en 2015 sur la start-up israélienne Annapurna Labs pour 350 millions de dollars. Le géant de l’e-commerce et du cloud d’infrastructure s’appuie sur cette acquisition pour développer des puces optimisant le fonctionnement de ses datacenters, le nerf de la guerre dans les services internet et de cloud computing. Et contrairement à Apple, il ne se contente pas de les réserver à un usage interne. Il les propose aussi sur le marché à des équipementiers de datacenters.

Google a surpris tout le monde en dévoilant en 2016 sa puce TPU (Tensor processing unit). Il s’agit d’un Asic, un circuit intégré créé sur mesure pour l’apprentissage de son modèle d’intelligence artificielle Tensor Flow mis dans le domaine open source. Il en est aujourd’hui à la troisième génération. Le géant d’internet en fait un avantage compétitif clé dans sa course dans le cloud computing face à Amazon Web Services, Microsoft et IBM. Son usage est réservé en interne à ses propres datacenters. Mais cette année, Google a franchi le Rubicon en lançant TPU Edge, une version dédiée à l’edge computing, nouveau terrain de bataille des géants du cloud computing. Cette puce sera fournie à des clients pour le traitement local à l’intelligence artificielle des données au plus près des capteurs qui les génèrent, après apprentissage du modèle Tensor Flow dans le cloud de Google.

Alibaba sur les traces de Google

Un exemple qui pourrait être suivi par Amazon, Microsoft, Facebook ou encore Alibaba. Amazon en serait encore au stade du développement de l’équivalent de TPU de Google pour sa plateforme d'intelligence artificielle. Un projet qui pourrait ensuite se décliner en un circuit dédié à l’edge computing. Microsoft se contente à ce stade de proposer des outils de développement de ce type de puces. Facebook en fait de même mais travaille aussi à la création de son propre circuit. Le chinois Alibaba est l’un des derniers des géants d’internet à projeter d’imiter Google en mettant sur pied une activité de conception de circuits intégrés électroniques.

Ces développements font des géants du numérique de nouveaux concurrents d’acteurs de référence du monde des semi-conducteurs comme Qualcomm, Intel ou Nvidia, mais aussi d’une armée de pépites (une centaine dans le monde selon Cédric Demeure, vice-président de la recherche et la technologie de Thales) actives dans la création de puces d’intelligence artificielle dédiées à l’embarqué. La France en compte au moins deux : Kalray pour l’automobile et les datacenters, et GreenWaves Technologies pour des applications plus banalisées comme les capteurs de vibrations ou les caméras de vidéosurveillance.

Le poids de ces nouveaux acteurs sur le marché des semi-conducteurs est difficile à évaluer. Mais une chose est sûre : il prend une importance croissance. L’exemple d’Apple en donne la mesure. Selon le cabinet IC Insights, ses puces auraient une valeur marchande de 3,5 milliards de dollars au premier semestre 2018, ce qui en ferait le quinzième acteur mondial du secteur, presque aussi gros que les champions européens Infineon Technologies, NXP et STMicroelectronics.

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