Appétit

En quelques décennies, des centaines de produits nouveaux ont pris d'assaut nos réfrigérateurs.

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Appétit
Crise. Depuis des semaines, ce mot est de toutes les conversations, dans tous les esprits. Il s'impose sur tous les écrans et dans tous les écrits. Il a enflé jusqu'à envahir nos vies professionnelles et personnelles. Derrière, le recours effréné à ce vocable passe-partout se cache une angoisse : de quoi sera fait demain? Si l'avarice est la mère de tous les vices (en l'occurrence l'appât du gain serait plus approprié...), la confiance est la grand-mère de l'économie. On ne peut que souhaiter que le plan Paulson et l'action concertée et énergique des gouvernements européens ne la ramènent.

Et ensuite ? Quel que soit le scénario de sortie de crise -long... ou très long - un nouveau monde va s'ouvrir. Lequel ? Nul ne le sait vraiment. En renversant la perspective, on peut jouer à se rassurer en s'arrêtant sur ce qui ne changera pas. En apparence. Loin des excès de la finance, deux choses au moins sont à peu près prévisibles dans nos sociétés : la démographie et l'alimentation. Non que l'une et l'autre soient invariables. Les femmes françaises enfantent moins qu'à l'aube des trente Glorieuses et, en quelques décennies, des centaines de produits nouveaux ont pris d'assaut nos réfrigérateurs. L'une et l'autre obéissent en fait à des mutations aussi lentes qu'inéluctables. Le grand démographe français Alfred Sauvy montra bien, dès la fin du dernier conflit mondial, comment la forte natalité des «colonies» allait engendrer ce qu'il appellera plus tard le «tiers monde».

En matière de prévisions, l'alimentation est moins bien documentée que la démographie mais son inertie rassure. Ne fait-elle pas partie pour les boursiers des secteurs «défensifs»? Des changements de fond y sont aussi pourtant à l'oeuvre : déstructuration, mélange des goûts, rapprochement des modèles, préoccupation santé, obésité... Malgré ce scandale que demeure la malnutrition, l'élévation du niveau de vie du «tiers monde» s'accompagne, de même, invariablement d'une alimentation plus riche et plus carnée. «Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es.» Jamais cette sentence de Brillat- Savarin, l'illustre gastronome du XVIIIe siècle ne fut plus d'actualité. A l'occasion du Sial qui s'ouvre dimanche à Paris, c'est à la découverte de ce territoire si familier, si méconnu, que nous avons choisi de partir avec ce numéro spécial agroalimentaire, mitonné avec soin par Patrick Deniel et toute la rédaction. Bonne lecture.

Et bon appétit !

Pierre-Olivier Rouaud,
rédacteur en chef délégué
«L'Usine Nouvelle»

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