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L'Usine de l'Energie

Antoine Frérot (Véolia) : "Faire la paix avec la nature"

Publié le

Le PDG de Veolia estime que l’homme doit apprendre à mieux recycler pour préserver les ressources de la planète.

Antoine Frérot (Véolia) : Faire la paix avec la nature © photo pascal Guittet

Sommaire du dossier

Les entreprises citées

«Veolia est beaucoup plus qu’un géant de l’eau et des déchets. Une large part de notre activité concerne l’énergie, au travers principalement de la gestion de réseaux de chaleur et de services d’efficacité énergétique. Notre métier a évolué d’opérateur de services à producteur de ressources renouvelables. Nous produisons des ressources alternatives, que ce soit des eaux usées recyclées, des matières premières secondaires issues de la transformation des déchets ou des énergies renouvelables. De plus, la distinction entre les trois secteurs classiques que sont l’eau, les déchets et l’énergie perd de sa pertinence. Les eaux usées se font bioplastiques, les déchets organiques deviennent de l’électricité ou des engrais, les huiles alimentaires usagées renaissent sous la forme de biocarburants…

Certains besoins environnementaux commencent tout juste à s’exprimer et mettront encore du temps avant d’être parfaitement solvables. À titre d’illustration, j’appelle de mes vœux depuis plusieurs années la création d’une taxe carbone fonctionnant sur le principe de la redevance sur les eaux usées qui a fait ses preuves dans notre pays : on paie lorsque l’on pollue et on est aidé financièrement lorsque l’on dépollue. C’est ce qui est parfois frustrant : nous savons qu’il existe des solutions pour quasiment toutes les pollutions, mais tant que nos clients ne souhaitent pas ou ne peuvent pas les prendre en charge, les actions mises en œuvre demeurent limitées.

Notre rôle est de montrer une voie : aider l’homme à faire la paix avec la nature, rendre durable ce monde qui ne l’est plus, le “ressourcer”. Lorsque notre entreprise est née, la planète comptait moins de 1?milliard d’habitants. Depuis 2013, elle en accueille 7?milliards. Les défis d’autrefois se nommaient prévention du choléra, alimentation des villes en eau potable, collecte des eaux usées. Aujourd’hui, ils s’appellent lutte contre les raretés, maîtrise des pollutions, réchauffement climatique…

Comme beaucoup de chefs d’entreprise, je suis partagé entre la conviction que la France possède tous les leviers pour rester une puissance économique de premier plan, grâce notamment à la qualité de ses formations supérieures, aux efforts faits en faveur de la recherche et de l’innovation, au dynamisme de sa population ; et le constat de la lourdeur de certaines procédures, l’aversion aux changements et aux risques qui freinent des mutations pourtant nécessaires. Je pense que les entreprises vont avoir un impact très favorable sur l’économie. Une entreprise est avant tout un nœud de relations entre toutes les parties prenantes : actionnaires, salariés, clients, mais aussi fournisseurs, territoires, société civile. Sa gouvernance devra veiller à servir l’ensemble de ses parties ­prenantes et ne pas privilégier l’une au détriment des autres. Grâce à cela, les entreprises pourront retrouver leurs lettres de noblesse et les Français être réconciliés avec elles, se réjouir de leurs succès et même y contribuer.

Par ailleurs, il n’y aura pas de leadership économique demain sans une véritable politique énergétique qui assure l’indépendance de la France et de l’Europe, qui nous permette de réduire notre consommation d’énergie et de diminuer le déficit de notre balance commerciale. Je pense qu’il est nécessaire d’encourager massivement la transition vers une économie circulaire. Il n’est plus possible aujourd’hui d’extraire, de produire, de jeter pour répondre à nos besoins. De plus, l’économie circulaire est une manière efficace de recréer, en France et en Europe, des emplois industriels compétitifs. L’Europe pourrait réduire de 20 % ses prélèvements et ses importations de matières premières et créer, en parallèle, jusqu’à 3?millions d’emplois.

Enfin, j’estime indispensable de repenser les bases de la formation professionnelle dans notre pays, notamment la formation tout au long de la vie. Le monde ­évolue à grande vitesse. Aussi notre pays aura-t-il besoin d’une population active qualifiée, mais surtout capable de s’adapter régulièrement et d’intégrer rapidement des savoir-faire. Il faut imaginer des solutions différentes de l’école “classique” dès les petites classes et ensuite valoriser les formations professionnelles et les adapter aux besoins des entreprises. » ?? ­Propos ­recueillis par Ludovic Dupin

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Usine Nouvelle N°3496-3497

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