AntipollutionDE L'OXYGÈNE CONTRE LES ODEURSPour limiter les nuisances olfactives de son usine d'Eppeville, Générale sucrière traite les eaux de process par oxygénation.

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DE L'OXYGÈNE CONTRE LES ODEURS

Pour limiter les nuisances olfactives de son usine d'Eppeville, Générale sucrière traite les eaux de process par oxygénation.



Comment donner une bonne claque aux mauvaises odeurs? Le problème se pose avec acuité pour les sucreries proches de zones urbaines, comme l'usine de Générale sucrière d'Eppeville (Somme). Mais il vient peut-être d'être partiellement résolu. Comme l'explique Christian Beurier, chef de service exploitation à Eppeville, "l'origine principale des odeurs tient à l'eau. Nous en utilisons énormément d'octobre à décembre, à la fois pour le lavage des betteraves et pour le process". La sucrerie d'Eppeville traite 12500 tonnes de betteraves par jour et puise l'essentiel de ses besoins en eau dans une réserve privée (60hectares de bassins). En fin de cycle, soit quelques heures, cette eau, malgré filtration, ressort chargée de matières organiques. De là provient l'essentiel des odeurs dont se plaignent les riverains. Peu chargés en oxygène, les 19000mètres cubes par jour d'eaux usées sont un terrain idéal pour les bactéries anaérobies, qui concoctent un cocktail d'H2S et autres mercaptans des plus désagréables. "Pour remédier au problème, poursuit Christian Beurier, nous avons cherché à augmenter le taux d'oxygène de l'eau. Cela permet le développement de bactéries aérobies qui dégradent la matière organique en produisant moins d'odeurs." Dans ce but, deux nouveaux systèmes sont employés et testés. Ils ont nécessité 13millions de francs d'investissement, notamment pour la construction de deux bassins de transit (20000 et 60000mètres cubes) permettant un débit d'eau traitée de 800mètres cubes par heure. Le premier système oxygène l'eau par la diffusion forcée d'air atmosphérique à travers cinq pompes. L'air est introduit au fond des bassins au moyen d'hydro-injecteurs, au nombre de dix-huit par pompe. Second procédé: l'injection directe d'oxygène, acheté sous forme liquide à Air liquide et détendu au fond du bassin. Les deux systèmes sont testés, notamment sur leurs coûts. "Le système utilisant de l'oxygène liquide est coûteux en achat de gaz, mais peu gourmand en énergie (100kilowattheures). Pour l'autre, le coût énergétique est assez lourd (900kilowattheures par pompe), et, de surcroît, pour un rendement plus faible", affirme Christian Beurier. Ce n'est qu'en fin de campagne que sera tiré un bilan définitif. Quant à l'efficacité, elle semble acquise dans les deux cas. Les premières mesures montrent une augmentation de la teneur en oxygène de l'eau et de l'activité de la flore bactérienne "utile". Les voisins de la sucrerie diront s'ils peuvent mieux respirer!



USINE NOUVELLE N°2481 -

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