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Quotidien des Usines

Annus horribilis pour la Compagnie alpine d'aluminium

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Après une année très difficile, la Compagnie alpine d'aluminium basée à Cran-Gevrier (Haute-Savoie) a été placée en redressement judiciaire mardi 2 décembre pour six mois. Victime d’une escroquerie au printemps et de difficultés de trésoreries, l’entreprise ne peut plus faire face à ses dettes.

Annus horribilis pour la Compagnie alpine d'aluminium © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Les difficultés n’ont cessé de s’accumuler en 2014 pour la Compagnie alpine d'aluminium, située à Cran-Gevrier (Haute-Savoie) et placée mardi 2 décembre en redressement judiciaire pour une période de six mois par le tribunal de commerce d’Annecy (Haute-Savoie). L’entreprise, qui emploie 125 personnes est spécialisée dans la production de disques et laminés courants en aluminium et de bandes d'aluminium laqué.

Après la fraude dont elle a été victime en mars, une escroquerie aux faux donneurs d’ordre à hauteur de 1,4 million d’euros qui a privé la société de trésorerie pendant plusieurs semaines, la Compagnie est de nouveau confrontée à des difficultés depuis septembre : avec la hausse des prix du métal et un four tombé en panne, elle se voit contrainte de réunir un million d’euros pour la fin de l’année.

"Les banques ne nous suivent plus depuis 2012 et nous ont retiré deux millions d’euros de ligne de crédit, explique Guy Kennel, président de la société depuis six ans. Il ne nous reste qu’1 million d’euros, c’est insuffisant. Nous avons fait appel à un mandataire en septembre, mais le mandat ad hoc a échoué. Ajoutez à cela que la Commission départementale des chefs des services financiers (CCSF), qui nous avait octroyé en mars des délais pour le paiement des cotisations au moment de la fraude, a dénoncé ce contrat et exige le paiement d’1 million d’euros. Cela s’ajoute aux 2 millions d’euros que nous devons pour terminer l’année." La Compagnie alpine d'aluminium a donc déposé le bilan le 27 novembre.

Restructuration inévitable

Ce n’est pas la première crise à laquelle est confrontée l’entreprise qui a connu un plan social de 25 personnes en 2006, puis un autre en 2008 avec la suppression de 23 postes. Pour l’heure, un plan de continuation doit être mis en place pour rembourser ses dettes.

"L’entreprise doit être capable de générer des marges pour rembourser 50 000 à 60 000 euros par mois, précise Guy Kennel. Cela demande des efforts dans un contexte où les marges sont réduites et où les prix de l’aluminium ont augmenté. L’emploi s’adaptera aux décisions. Il est clair qu’il y aura une restructuration, c’est inévitable, selon les hypothèses de l’ordre de 10 à 20 %." La production devra être réorganisée et il y aura une réduction de coûts sur les fonctions principales de l’entreprise.

La période doit aussi permettre à la Compagnie alpine d'aluminium de réorienter ses activités pour améliorer les marges, une tendance déjà en cours, en se tournant vers des marchés de niche pour augmenter ses prix et des services supplémentaires à haute valeur ajoutée, notamment d’emballage sur mesure. 

La Compagnie alpine d'aluminium, propriété du fonds American industrial acquisition corporation (AIAC), une société de droit américain immatriculée dans l’Etat du Delaware, a produit 11 500 tonnes en 2014, pour un chiffre d’affaires estimé à 38 millions d’euros, et prévoit des quantités comparables en 2015.

L’histoire de l’entreprise se fond avec celle du bassin annécien puisque la création de la Manufacture royale de Crans remonte à 1765, devenue en 1906 Les forges de Crans (fonderie et laminage d'aluminium pour la fabrication de pièces automobile et d'ustensiles de cuisine). Elles ont été rachetées en 1977 par Pechiney, puis en 2003 par le groupe canadien Alcan. En 2004, l’entreprise est devenue une filiale de Novelis spécialité France, avant d’être rachetée en 2006 par AIAC et de prendre le nom de Compagnie alpine d'aluminium.

Dorothée Thénot

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