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Anne Lauvergeon reconnaît "une part de responsabilité" dans les déboires d'Areva

Sylvain Arnulf , ,

Publié le

Anne Lauvergeon, ancienne patronne d'Areva de 2001 à 2011, réagit dans Les Echos aux difficultés du groupe, après la publication de pertes record. Elle admet "une part de responsabilité" mais pointe d'autres facteurs pour expliquer les déboires de la société.

Anne Lauvergeon reconnaît une part de responsabilité dans les déboires d'Areva © Pascal Guittet - L'Usine Digitale

Anne Lauvergeon contre-attaque. L'ancienne patronne d'Areva répond aux critiques dans une interview au quotidien Les Echos. "Je ne supporte plus les contre-vérités qui circulent", explique-t-elle. "Surprise" et "choquée" par l'annonce des pertes record de l'entreprise (près de 5 milliards d'euros), "Atomic Anne" reconnait une part de responsabilité. "Quand on passe dix ans à la tête d'un groupe, on porte forcément une part de responsabilité et je reste très attachée à cette entreprise et à ses salariés", déclare-t-elle.

deux "bouleversements" : la crise de l'énergie et fukushima

Deux facteurs expliquent selon l'ancienne dirigeante la chute du groupe : "Une crise de l'énergie en Europe, dont on a vu les conséquences : Alstom a dû céder sa branche énergie à General Electric, GDF Suez a dû passer pour 15 milliards d'euros de provisions sur ses comptes 2013 et les électriciens allemands vont mal. Et Fukushima a transformé le paysage nucléaire".

Areva est aussi devenu trop dépendant du nucléaire, et c'est dû à l'intervention de l'Etat, selon Anne Lauvergeon. "L’Etat nous a demandé de vendre un tiers de notre chiffre d’affaires en cédant en 2010 Areva T&D. C’était une décision politique que de recentrer Areva sur le nucléaire". Et "il a tardé à donner à Areva les moyens nécessaires dans la compétition mondiale".

Anne Lauvergeon juge que les conditions sont désormais réunies pour une "paix des braves" entre EDF, Areva et GDF-Suez. Et que "le nouveau nucléaire passe majoritairement par des financements étatiques. Nos grands concurrents en disposent, pas nous. C’est un enjeu majeur pour la France et pour toutes les industries d’infrastructures".

Anne Lauvergeon s'explique aussi sur l'EPR finlandais et  sur les conditions d'acquisition d'Uramin. Un entretien à lire sur le site internet des Echos.

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