AMP/GMG Saumon de France prêt à investir 2 millions d’euros à Tourlaville

AMP/GMG Saumon de France, qui exploite dans la rade de Cherbourg (Manche) la première ferme marine de France, projette d’investir 2 millions d’euros pour accélérer son développement.

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AMP/GMG Saumon de France prêt à investir 2 millions d’euros à Tourlaville

AMP/GMG Saumon de France, qui exploite dans la rade de Cherbourg (Manche) la plus grande ferme marine de France sur 15 hectares, se prépare à investir 2 millions d’euros pour accélérer son développement. L’entreprise installée à Paris, son siège social, et à Tourlaville (Manche) près de Cherbourg, réalise 2 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 20 salariés dont dix à Tourlaville. Elle va investir 500 000 euros dans des équipements de filetage, découpe en portions et fumaison dans le nouveau bâtiment qu’elle a inauguré le 12 mai à Tourlaville où elle assure l’éviscération des saumons.

Elle investira par la suite 1,5 million d’euros dans un bassin hors sol à Tourlaville destiné à assurer le "pré-grossissement" de smolts (jeunes saumons). Pascal Goumain, président d’Aquaponic Management Project (AMP), la holding parisienne qui coiffe GMG Saumon de France (Tourlaville), résume l’enjeu de cette nouvelle unité : "Nous voulons couvrir le cycle complet d’exploitation. Il nous manquait l’équipement intermédiaire entre l’élevage en mer au large de Cherbourg et notre écloserie de saumons qui se trouve à Gonneville, près de Cherbourg."

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L’entreprise produit elle-même ses œufs, à partir de la souche Adour, et achète également des œufs auprès des spécialistes écossais et norvégiens. Elle fait ensuite éclore les œufs jusqu’à ce que les alevins atteignent le poids de 100 grammes.

Désaisonnaliser la production

Avec son bassin d’élevage de smolts, AMP/GMG a aussi l’ambition de "désaisonnaliser sa production", pour pouvoir être présente tout au long de l’année, y compris entre novembre et août, pas seulement de décembre à juin. L’équipement fonctionnera en circuit fermé selon le mécanisme d’aquaponie de traitement biologique des effluents qui associe la culture de végétaux et l’élevage de poissons. Concrètement, l’eau fertilisée par les déjections de poissons sera utilisée pour la production de fruits et légumes.

Pour pouvoir investir ces 2 millions d’euros, AMP/GMG Saumon de France réunira le 24 mai une assemblée générale extraordinaire de ses actionnaire. Ceux-ci devront se prononcer sur la stratégie financière à venir : introduction en Bourse ou bien entrée au capital d’un industriel français côté. Investisseurs pressés s’abstenir ! C’est ce que laisse entendre Pascal Goumain qui compare le secteur à celui de la viticulture. "Nous sommes dans une activité qui nécessite des capitaux, qui est risquée et qui nécessite de la patience car le cycle de production est long. Il faut compter trois ans entre l’œuf et le poisson récoltable" (qui pèse entre 3 et 5 kilogrammes, Ndlr).

Premier producteur français de saumon élevé en mer, AMP/GMG Saumon de France, qui pèse aujourd’hui 0,1 % du marché français, est déterminé à changer de braquet en termes de volumes. L’entreprise produit actuellement 250 tonnes de saumon par an pour une autorisation de 3 000 tonnes sur un marché français de 250 000 tonnes. Elle table sur 600 tonnes en 2017.

Un poisson plus musclé et moins gras

L’entreprise met l’accent sur la qualité du saumon élevé dans la rade de Cherbourg selon la loi de la sélection naturelle, sans antibiotiques, ni pesticides. "C’est un endroit de forts courants où les poissons nagent plus qu’ailleurs et où la densité d’élevage est très faible3, précise Pascal Goumain. Le poisson élevé dans ces conditions serait plus musclé et deux fois mois gras que la moyenne - 11 % contre 22 % - assure-t-on chez AMP/GMG. "Du fait de nos choix radicaux, nous obtenons un produit incomparable … ainsi qu’un prix deux fois plus élevé." Mais le prix ne semble pas constituer un frein à la vente, GMG Saumon de France ne parvenant pas à satisfaire une demande qu’il qualifie de "colossale".

Cette stratégie de développement devrait s’accompagner de recrutements. "Nous allons monter en cadence progressivement et prévoyons de recruter une vingtaine de personnes d’ici deux ans à Tourlaville", indique le président d’AMP/GMG.

Pour accroître ses volumes, AMP/GMG se déclare notamment prêt à étudier les possibilités d’implantation au sein des parcs éoliens off shore normands et au sein des fermes hydroliennes.

Claire Garnier

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