Amours, révolutions et petites combines à la Régie Renault

Le roman "Jours heureux à Flins" de Richard Gangloff retrace avec truculence, la vie d’une bande de copains de la régie Renault à la fin des années 60. Des petits combinards qui à défaut de faire péter le système ont décidé de le détourner. Le tout sur fond de mai 68.

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Amours, révolutions et petites combines à la Régie Renault

C’est une bande de potes qui travaillent à l’usine. Enfin, travailler c’est un bien grand mot. Car nous sommes à Renault Flins vers la fin des années 60 et au sein de cette ville-usine qui compte 20 000 salariés certains se sont trouvé des petites planques pour se la couler douce. Le lean management n’est pas encore passé par là, et si les cadences font tourner la boutique, le système n’est pas très verrouillé. D’autant qu’à côté des ouvriers de production, une multitude de métiers de service aujourd’hui externalisés font encore partie de la grande famille de la régie : réparateurs d’outils, vigiles, cantinières, préparateurs de chiffons de nettoyage...

Ne cherchez pas dans l’intrigue un peu paresseuse, l’intérêt de ce premier roman. En gros il est question de la préparation d’un casse, le casse de la banque sise au sein même de la Régie, alimentée chaque semaine pour la paie du personnel. Le principal attrait de ce court récit de 200 pages est l’époque qu’il ressuscite et la galerie de portraits truculents qu’il déploie.

On y croise Gilbert, le patron du Comité d’entreprise, ex-séminariste reconverti à l’usine qui tente d’initier de jeunes ouvrières à la culture et fait le pont avec le quartier latin quand mai 68 s’en mêle. Popeye qui récupère en douce des planches de l’atelier pour construire un bateau dans son jardin. Luc, le sportif qui anime le club de foot de l’usine. Marco qui gère le parking des voitures en sorties de chaîne et qui s’est fait un petit business de la revente des voitures des collaborateurs et d’un siphonage régulier de l’essence des réservoirs de la Régie. Et puis Bertrand qui est tombé "raide dingue" au premier coup d’œil de Marie, croisée dans l’atelier. Bertrand trace sur sa planche à dessins en rêvant de rentrer chez Pilote. La vie n’est pas toujours facile, les tourtereaux vivent dans une roulotte mais le chômage de masse ne fait pas la une des journaux, la solidarité des copains est bien là, et pour le buffet de mariage, c’est le CE de Renault qui régale, en parfaite illégalité.

La lutte des classes est bien vivante. Mais non violente, en mode petit sabotage de l’intérieur.

Anne-Sophie Bellaiche

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