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Amesys visé par une plainte pour complicité de torture en Libye

Astrid Gouzik

Publié le

[ACTUALISE] - La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'Homme (LDH) ont annoncé, mardi 22 mai,  qu’une information judiciaire a été ouverte à Paris.

Amesys visé par une plainte pour complicité de torture en Libye © JoshuaDavisPhotography - Flickr - C.C.

En octobre 2011, les deux ONG  déposent plainte et se constituent partie civile "pour des faits commis à travers la fourniture au régime de Khadafi, à partir de 2007, d'un système de surveillance des communications destiné à surveiller la population libyenne". 7 mois plus tard, une enquête est effectivement ouverte. Elle a été confiée à une juge du pôle spécialisé dans les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide du tribunal de grande instance de Paris, Céline Hildenbrandt.

"Nous déplorons qu'il ait fallu attendre sept mois avant qu'une information judiciaire soit effectivement ouverte sur un dossier portant sur des faits aussi graves", a déclaré Patrick Baudouin, président d'honneur et coordinateur du groupe d'action judiciaire de la FIDH, dans un communiqué. "Nos organisations espèrent maintenant que des investigations seront rapidement diligentées, tant en France qu'en Libye, pour établir la vérité des faits et la responsabilité éventuelle de la société Amesys", a-t-il ajouté.

La société d'ingénierie spécialisée dans les systèmes sécuritaires, rachetée par Bull en janvier 2010, a conclu un contrat de mise à disposition de technologie aux fins d'interception de communication, de traitement de données et d'analyses en 2007. Fin août le Wall Street Journal révélait l’affaire affirmant que Amesys avait équipé fin 2009 le centre de surveillance d'internet de Tripoli avec un système d'analyse du trafic internet (DPI). Il aurait permis de contrôler les messages qui s'échangent, pour éventuellement filtrer voire censurer des "paquets" de données.

C’est bien là-dessus que repose le chef de complicité d’actes de torture avancé par la FIDH. Le matériel "permettait à (l'ex-dirigeant libyen Mouammar) Kadhafi et son régime de placer sous surveillance toute la population libyenne et notamment les opposants et de les arrêter et les mettre en prison où ils étaient torturés", a expliqué Patrick Baudouin à l'AFP.

Aussitôt l'entreprise visée a réagi et contesté "très fermement l'accusation". Amesys indique dans un communiqué qu'elle "tient à disposition tous les éléments qui seraient jugés nécessaires par le magistrat pour la parfaite compréhension des faits".

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