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La Pologne inflige une amende de 6,5 milliards d'euros à Gazprom pour Nord Stream 2

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Publié le , mis à jour le 07/10/2020 À 14H42

L'autorité de la concurrence polonaise a infligé le 7 octobre au géant russe Gazprom une amende de plus de 29 milliards de zlotys (6,46 milliards d'euros) pour avoir construit le gazoduc Nord Stream 2 sans son accord.

La Pologne inflige une amende de 6,5 milliards d'euros à Gazprom pour Nord Stream 2
L'autorité de la concurrence polonaise a infligé mercredi au géant russe Gazprom une amende de plus de 29 milliards de zlotys (6,46 milliards d'euros) pour avoir construit le gazoduc Nord Stream 2 sans son accord. /Photo prise le 10 septembre 2020/REUTERS/Hannibal Hanschke
© HANNIBAL HANSCHKE

Opposée à la construction du gazoduc Nord Stream 2 depuis le démarrage du projet, la Pologne passe des menaces aux sanctions. Son Autorité de la concurrence, l'UOKiK, a infligé une amende de 6,46 milliards d'euros au géant russe Gazprom, qui construit ce gazoduc de 1200 km reliant la Russie à l'Allemagne via la mer Baltique.

Elle a également sanctionné cinq autres sociétés parties prenantes du financement de ce projet de près de 10 milliards d'euros qui vise à doubler les capacités d'exportation de gaz russe via la mer Baltique.

Gazprom est le chef de file de Nord Stream 2 mais la moitié des financements est apportée par les allemands Uniper et Wintershall, l'anglo-néerlandais Shell, l'autrichien OMV et le français Engie. A ce titre, la société française avait d'ailleurs reçu une amende de 19 millions d'euros en novembre 2019.

Gazprom fera appel

Le groupe russe Gazprom a annoncé son intention de faire appel de l'amende, assurant n'enfreindre aucune règle antitrust polonaise.

La Pologne considère Nord Stream 2 comme une menace pour la sécurité de l'approvisionnement énergétique européen. "L'achèvement de ce projet d'investissement augmente la dépendance économique envers le gaz russe, pas seulement dans le cas de la Pologne mais aussi d'autres Etats européens", a déclaré Tomasz Chrostny, le président de l'UOKiK. La Pologne est soutenue par les Etats-Unis, qui veulent assurer un débouché à son gaz de schiste liquéfié.

La construction du gazoduc est pratiquement achevée; seul un tronçon de 120 km dans les eaux danoises reste à assembler. Les travaux ont été interrompus en décembre 2020, le groupe helvético-néerlandais Allseas, spécialisé dans les travaux sous-marins, ayant suspendu ses activités sur le projet en raison de sanctions prises par les Etats-Unis.

Avec Reuters (Agnieszka Barteczko, avec Oksana Kobzeva à Moscou, version française Marc Angrand, édité par Blandine Hénault)

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