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AMD sort la tête de l’eau après cinq années consécutives de marasme

Ridha Loukil ,

Publié le

Après cinq années consécutives de recul du chiffre d’affaires et de pertes, AMD, le challenger d’Intel dans les microprocesseurs pour PC et serveurs, relève la tête et renoue avec les bénéfices en 2017. Un redressement, salué par les constructeurs informatiques, mais qui reste à confirmer dans la durée.

AMD sort la tête de l’eau après cinq années consécutives de marasme © AMD

C’est peut-être un tournant majeur pour AMD. Après cinq années consécutives de marasme, qui lui ont fait perdre 35% de son chiffre d’affaires et cumuler 2,8 milliards de dollars de pertes, le challenger d’Intel dans les microprocesseurs à architecture X86 au cœur des serveurs et PC sort enfin la tête de l’eau. Il clôture 2017 avec un chiffre d’affaires en bond de 25% à 5,33 milliards de dollars, un bénéfice d’exploitation de 204 millions de dollars et un bénéfice net de 43 millions de dollars, contre une perte d’exploitation de 372 millions de dollars et une perte de nette de 497 millions de dollars en 2016. Le redressement reste fragile. Mais il présente le mérite de mettre fin au cycle infernal de recul du chiffre d’affaires et de pertes.

Un point d'inflexion clé

Lisa Su, PDG-fondatrice de l’entreprise américaine, se félicite de ces beaux résultats. "L'année 2017 a été un point d'inflexion clé pour AMD car nous avons refondu notre portefeuille de produits, généré 25% de croissance annuelle des revenus, augmenté notre marge brute et atteint la rentabilité sur l'année, déclare-t-elle dans le communiqué. Nous sommes plus enthousiastes à propos de 2018 alors que nous allons lancer notre nouvelle vague de produits à hautes performances et continuons à positionner AMD comme l'une des premières sociétés de croissance à long terme dans l'industrie de la high-tech."

Incapable de tenir la course technologique avec son grand concurrent Intel, AMD s’est laissé peu à peu marginaliser au point de tomber en dessous de 10% du marché des PC en volume et de 5% de celui des serveurs. Même débâcle dans les processeurs graphiques face à Nvidia où il est tombé à 20% du marché. Avec ses microprocesseurs à architecture ZEN et ses processeurs graphiques à architecture VEGA, il efface son retard technologique et reprend l’offensive. Cette génération de puces est fabriquée chez GlobalFoundries en technologie FinFET 14 nm, c’est-à-dire avec des transistors 3D et une gravure de 14 nanomètres, la même que celle mise en œuvre par Intel et Nvidia pour leurs processeurs actuellement les plus avancés. Auparavant, il se limitait à une technologie de transistors planaires en gravure de 28 nanomètre, ce qui le mettait en retard de trois générations technologiques sur ses deux concurrents.

Entrée dans le cloud de Microsoft et Baidu

AMD décline son architecture ZEN avec la famille de puces Ryzen pour PC et la famille Epyc pour serveurs. L’offre couvre désormais presque tous les segments du marché, des PC de bureau jusqu’aux PC ultraportables, en passant par les machines dédiées aux jeux vidéo. "Avec Ryzen, AMD a accompli un travail remarquable, confie à L’Usine Nouvelle le patron de la filiale française d’un grand constructeur  de PC. Ses puces affichent des performances comparables, voire supérieures à celles d’Intel. C’est pourquoi nous les embarquons dans presque tous les segments de machines"

AMD a réussi à faire rentrer son processeur Epyc dans les datacenters de Microsoft et du géant chinois de l’internet Baidu. Le groupe a même fait la paix avec Intel, le temps d’un partenariat pour le développement de puces pour PC combinant sa technologie graphique VEGA avec les processeurs de traitement d’Intel. Une alliance de circonstance contre Nvidia, numéro un mondial des processeurs graphiques et pourvoyeur traditionnel de technologies graphiques à Intel. Elle illustre le retour en force d’AMD au-devant de la scène.

Déficit d'image à combler

Mais AMD ne peut pas s’arrêter en si bon chemin. "Avec ses puces Ryzen Pro, il envoie des signaux positifs au marché, estime le patron de la filiale française d'un constructeur de PC. Mais il doit inscrire son travail d’amélioration dans le temps. Il reste encore un déficit d’image qui prendra des années à être comblé." Lisa Su promet d’accélérer le train d’innovation avec le lancement cette année d’une nouvelle génération de processeurs à architecture ZEN et processeurs graphiques à architecture Vega en technologie de 7 nanomètres, faisant ainsi l’impasse sur la technologie de 10 nanomètres qu’Intel devrait mettre en production cette année pour ses microprocesseurs. En ligne de mire, l’Eldorado de la voiture connectée et autonome, de l’Internet des objets ou encore de l’intelligence artificielle. AMD ne veut pas laisser le monopole de ces marchés émergents à Nvidia, Intel ou Qualcomm. Il entend en bénéficier, lui aussi, en lançant dès cette année des puces dédiées aux applications d’intelligence artificielle. En renouant avec la croissance et les bénéfices, il franchit une barrière psychologique cruciale. Mais pour maintenir la dynamique, il sait qu’il doit poursuivre l’effort.

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