Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Ambitions : L'empire de la science

Publié le

Enquête La Chine dépense presque sans compter pour combler son retard technologique sur l'Occident. Mais le système doit gagner en efficacité.

Des budgets s'envolant de 15% à 20% par an, une myriade d'instituts, des dépôts de brevets qui crèvent le plafond... En science, comme pour le reste, la Chine voit grand. Depuis plusieurs décennies,le pouvoir a lancé une stratégie forcenée de rattrapage vis-à-vis de l'Occident, volonté qui faisait partie des Quatre Modernisations de Deng Xiaoping. « Ici, ça ne plaisante pas. On veut des résultats », lance un chercheur français à Beijing. L'objectif est clair : assurer l'indépendance nationale en science, mais aussi dans des domaines où le pays reste à la traîne comme l'automobile, les semi-conducteurs ou l'aéronautique. Avec déjà des avancées notables sur des sujets comme les trains à grande vitesse... non sans avoir « absorbé » des technologies de Siemens ou de Bombardier.

Dans ce pays dirigé par des ingénieurs, tout se pense à long terme (jusqu'à 2050 !) et se pilote depuis le sommet par le Conseil d'État et la puissante Commission du plan (NDRC). Et même si 70% des dépenses de R et D du pays sont supportées par les entreprises, celles-ci s'appuient de facto sur le secteur public (instituts ou universités).

Le principal plan pour la science, adopté en 2006, se projette jusqu'en 2020, avec un objectif de 2,5% du PIB consacrés à la R et D. Son pilotage est assuré par le ministère de la Science et la Technologie (Most) avec l'aide des ministères techniques (Agriculture, Télécoms...) ou de celui de la Défense. L'Académie des sciences reste le principal opérateur de recherche, y compris pour les coopérations internationales. Elle s'appuie sur la National natural science foundation of China, une agence de moyens dotée de 1,89 milliard d'euros (+ 19%) en 2012.

 

Le pari du high-tech écolo

Le 12e plan quinquennal (2011-2015) compte accélérer ce rattrapage dans des domaines comme l'espace, le nucléaire, les biotechs, les TIC ou les matériaux. Les directives concernant sept industries stratégiques émergentes ont été publiées le 9 juillet par le Conseil d'État. Les dépenses de R et D dans ce secteur doivent progresser de 148% sur cinq ans à 18 milliardsde dollars, dont la moitié dans les technologies vertes. Cette action prolonge des programmes plus anciens (863, 973, NKT...), sans compter les projets tous azimuts sur des sujets de société (sécurité alimentaire, cancer...) ou émergents, comme le cloud pour lequel cinq villes (Beijing, Shanghai, Shenzhen, Hangzhou, Wuxi) ont été choisies comme cités de référence. En Chine, 40% des budgets publics sont alloués à l'échelon local : provinces et villes se livrent une concurrence acharnée.

Le souci est l'efficacité d'un système où l'argent n'est pas un facteur limitant. Une part de la recherche publique s'englue dans la bureaucratie ou la reproduction. Si la Chine produit des tonnes de publications scientifiques, leur taux de citation reste faible, idem pour la part minime des brevets triadiques. « La productivité de la recherche est un vrai sujet », affirme un expert à Shanghai. Dans le public, qui a longtemps favorisé l'ancienneté et les réseaux personnels ou politiques, certains chercheurs restent sous-employés ou mal payés. Sans compter que les opérateurs de recherche privilégient les cursus internationaux. Ceci étant, le système devient concurrentiel : « L'accent est mis sur l'évaluation, les publications, les citations, les coopérations internationales ou les transferts vers l'industrie. Il y a moins de rentes de situation », décrit l'universitaire Michel Gregnié. En Chine, les chercheurs publics ont peut-être déjà vécu leurs belles années !

LE DRAGON À L'ATTAQUE

  • Candidats à l'enseignement supérieur (Gaokao) en 2012 9,5 millions
  • Publications scientifiques en 2010 320 800

 

L'omniprésente Académie

À Haidian, district scientifique de Beijing, quand on vous donne rendez-vous dans un bâtiment de l'Académie des sciences (CAS), il faut bien préciser lequel. Il y en existe une quarantaine, la plupart étant de la taille d'un immeuble. La CAS est le principal bras armé du pays dans sa conquête scientifique. Elle compte 97 instituts allant de la physique fondamentale à la zoologie, en passant par la nanotechnologie. Voilà quinze ans, la CAS, alors sclérosée, a subi une sévère réforme, mais a su rebondir : son budget a augmenté de 15 % par an. Début 2011, son président Bai Chunli, également vice-ministre, a lancé le plan Innovation 2020, visant à développer la recherche appliquée, notamment les domaines de l'atome, de l'espace ou du charbon propre. Employant 58 000 personnes pour 2,6 milliards d'euros de budget, la CAS est un holding gérant des activités immobilières et 450 entreprises. Sa filiale vedette est Lenovo, mais elle détient aussi des sociétés de chimie, d'électronique ou de logiciels. Ainsi que trois sanatoriums. Chiffre d'affaires : 26 milliards d'euros.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services.
En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

En savoir plus