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Amazon accusé d'abandonner ses employés blessés

Intissar El Hajj Mohamed , ,

Publié le

Vu sur le web Une enquête du Guardian dans des unités logistiques américaines d’Amazon dénonce plusieurs cas d’abus d’employés victimes d’accidents au travail.

Amazon accusé d'abandonner ses employés blessés
Des employés d'Amazon se retrouvent à la porte après s’être blessés au boulot, aux Etats-Unis.
© william_christiansen - Flickr - Creative Commons

Dans une enquête publiée par le Guardian le 30 juillet, des employés et des anciens d’Amazon révèlent le calvaire subi après avoir été blessés au travail, dans des entrepôts logistiques du géant américain. En avril 2018, la Division nationale de planification des locaux et de santé et sécurité au travail les avait classés parmi la douzaine d’établissements les plus dangereux du pays (qui en compte 140), rappelle le quotidien. “L’insistance d’Amazon à exécuter un maximum de demandes a engendré des conditions de travail dangereuses”, souligne le journal anglais.

Salariés blessés devenus SDF

Interrogée, l’employée Vickie Shannon Allen assure avoir travaillé sur une plateforme défectueuse, dans une unité Amazon, au Texas. Une pièce manquait au mécanisme, ce qui l’obligeait à travailler dans une position inconfortable. Embauchée en mai 2017, la femme de 49 ans s’est blessée le 24 octobre. Les managers l’ont alors renvoyée chez elle tous les jours sans paiement, alors qu’elle finançait elle-même le trajet de 96,5 kilomètres. Il a fallu quelques semaines avant que le service médical d’Amazon ne lui fournisse un coussin chauffant pour soulager son mal de dos. Et elle finira par obtenir des indemnités qui lui permettent de s’offrir une thérapie. Mais les dépenses en essence s’annoncent trop lourdes, obligeant Vickie Allen à prolonger son congé de deux semaines. 

En avril 2018, une IRM montre que son dos n’est pas guéri. Pourtant, cinq jours plus tard, Amazon ne considère plus Vickie Allen comme souffrante. Amazon a même attendu jusqu'à juin 2018 pour réparer le dispositif, soit huit mois après l'incident. Contre des mois de peine, Amazon lui accorde une semaine de congé payé, relate le Guardian. Sa situation budgétaire mise à mal, elle perd son logement et habite aujourd’hui dans sa voiture, garée sur le parking de du bâtiment Amazon. Vickie Allen affirme que l’entreprise lui a offert 3500 $ en échange de son silence, une transaction qu’elle a refusé. Son cas n’est pas unique.

Des ex-employés reviennent à la charge 

Après sa chute d’une échelle, Christina Miano-Wilburn a été licenciée cinq semaines plus tard, après deux ans de services. Ses 26 semaines d'indemnisations ont ainsi été abrégées. Rapidement après avoir perdu son job, elle devient sans domicile. D’autres démissionnent pour cause de “mauvais traitement”, comme Lindsai Florence Johnson qui a été évacuée dans une ambulance d’un centre californien d’Amazon. Elle arrête définitivement en mai 2018. Elle avait souffert d’une hernie. Quant à Bryan Hill, ex-employé accusant Amazon de l’avoir congédié pour cause de blessure, il choisit de porter plainte en avril 2018.  âgé de 43 ans, il rapporte que le manager l’avait décrété trop jeune pour souffrir du dos.

A la lumière de ces déclarations et d’autres encore, le Guardian questionne la porte-parole d’Amazon. Dans un e-mail, Melanie Etches affirme que le géant du commerce électronique, dont la sécurité des collaborateurs serait la “première priorité”, “apprend et améliore ses programmes pour prévenir les futurs accidents".  

 

Suite à la publication de cet article, Amazon a répondu à l'Usine Nouvelle dans une déclaration : 

" Nous considérons que les allégations relayées ne correspondent pas au fonctionnement réel de nos sites. Nous sommes fiers de notre environnement de travail en matière de sécurité et des milliers de collaborateurs travaillent chaque jour, grâce à leurs propositions, pour le rendre encore meilleur. Amazon a créé plus de 130 000 emplois au cours de la dernière année seulement et emploie désormais plus de 560 000 personnes à travers le monde. Assurer la sécurité de nos collaborateurs est notre priorité numéro une. Amazon propose des visites de ses centres de distribution afin que les visiteurs puissent découvrir par eux-mêmes les coulisses d’Amazon et comprendre ce qui se passe une fois leur commande passée."
 

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