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L'Usine Santé

Alzheimer : "La recherche et les entreprises ont fait beaucoup de progrès", selon Philippe Verwaerde

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Alors qu’il n’existe toujours pas de médicament pour la soigner, la 21e semaine mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer s’est ouverte le 21 septembre. Entretien avec Philippe Verwaerde, président d’Alzprotect, une biotech lilloise qui vient d’obtenir le feu vert pour tester chez l’homme une nouvelle piste de traitement.

Alzheimer : La recherche et les entreprises ont fait beaucoup de progrès, selon Philippe Verwaerde

L'Usine Nouvelle - Lilly, Pfizer… Pourquoi tant de grands noms de l’industrie pharmaceutique ont vu leurs traitements d’Alzheimer échouer en cours de développement ?

Philippe Verwaerde - Les études cliniques menées jusqu’alors ont coûté des centaines de millions d’euros mais, pour la plupart, ont connu des échecs assez durs. Depuis, on a énormément progressé sur la connaissance de la maladie et de ses stades d’évolution. Il est possible que le choix des patients n’ait pas été bien maitrisé à l’époque. Or cette sélection est le facteur de réussite numéro un d’un essai clinique. Aujourd'hui nous pouvons bénéficier des techniques modernes d’imagerie du cerveau, des techniques de mesures du liquide céphalo-rachidien dans lequel baigne le cerveau, et apprendre des erreurs du passé.

La deuxième grande cause de ces échecs provient du fait que la plupart des médicaments testés par les laboratoires pharmaceutiques et les biotechs n’adressaient qu’une seule des deux voies impliquées dans cette pathologie, Tau et Amyloïde. Ce qui nous différencie, c’est que notre produit est capable d’adresser les deux.

Mais cela a été une surprise pour vous…

Oui ! Notre candidat-médicament provient d’une famille de molécules brevetée par deux chercheurs lillois de l’Inserm et de l’université Lille 2, à l’origine de la création de notre société. Leur projet ciblait la plaque amyloïde [des agrégats de protéines, présents dans le cerveau des malades et accusés d’être à l’origine d’Alzheimer, ndlr]. Par sécurité, nous avons voulu le tester également sur des souris atteintes d’Alzheimer Tau [une autre sorte de protéines, dont l’accumulation provoque la dégénérescence des cellules nerveuses, ndlr], afin de s’assurer qu’il ne l’aggravait pas. Notre candidat médicament s’est révélé au contraire tout à fait positif, et nous avons découvert qu’il prévenait l’apparition des symptômes chez les souris. Nous l’expliquons par son mécanisme d’action d’élimination des toxines qui ont tendance à s’accumuler dans le cerveau.

Qu’attendez-vous de ce premier essai ?

L’étude clinique, menée à Grenoble auprès de 56 volontaires, doit confirmer l’innocuité et la tolérance du produit chez des sujets sains. Nous espérons ensuite déterminer les doses, les mesures et les "biomarqueurs" pour lancer des études de phase 2 fin 2015 ou début 2016. Après une première levée de capitaux réalisée avec un fonds d’amorçage début 2009, nous souhaitons récolter 12 millions d’euros courant 2015 pour les financer. Notre but est de répondre à la demande de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : retarder de cinq ans l’apparition des symptômes de la maladie. Même si je pense que l’on peut mieux faire …  

Mais vous ciblez aussi d’autres maladies…

Avant de gravir l’Everest de la maladie d’Alzheimer, nous allons nous attaquer à des pathologies neuro-dégénératives voisines, liées à la protéine Tau sous sa forme classique : les démences fronto-temporales, et la paralysie supranucléaire progressive. Nous envisageons d’obtenir au premier semestre 2015 le statut de "médicament orphelin" dans ces maladies pour lesquelles il n’existe aucun traitement et qui sont très handicapantes, voire mortelles, car l’espérance de vie des patients est réduite à cinq ou sept ans.

Avez-vous été contactés par des big pharmas ?

Nous avons des contacts, pour la plupart avec des laboratoires étrangers. Nous attendons d’avoir les premières preuves de concept chez l’homme, plutôt en phase 2. Mais nous restons ouverts à toute opportunité.

La mobilisation de la France contre Alzheimer est-elle à la hauteur ?

Les plans Alzheimer organisés par le passé ont eu des effets bénéfiques sur la recherche, et les Investissements d’Avenir ont permis la création des laboratoires d’Excellence. A Lille, on dispose ainsi du plus grand Labex sur Alzheimer ! On aurait intérêt à relancer un plan sur la neuro-dégénération, car la recherche et les entreprises ont fait beaucoup de progrès depuis deux à trois ans. Ainsi, l’intérêt pour Alzheimer reviendra très vite, surtout avec les premiers essais qu’on pourra observer sur des maladies neuro-dégénératives voisines.

Gaëlle Fleitour

Un plan national Alzheimer dévoilé le 28 octobre

Alors que la France compte plus de 850 000 malades, le quatrième Plan Alzheimer sera présenté par le gouvernement le 28 octobre. Ce nouveau plan d’action, "intégrant des avancées attendues en matière de recherche, de soins et d’accompagnement pour les personnes malades et leurs proches" selon le ministère de la Santé, se déclinera sur cinq ans. Parmi les quatre enjeux annoncés : développer et coordonner la recherche sur les maladies neuro-dégénératives. A l’instar du partenariat noué par le laboratoire américain Pfizer et l’Institut du cerveau et de la moelle de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Objectif de Pfizer, mieux connaître cette maladie pour réduire le risque associé au développement de ses médicaments.

 

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