Altran se remet en ordre de bataille

,

Publié le

Le groupe français d’ingénierie et de conseil en technologie va remettre le profit au centre de sa stratégie.

Altran se remet en ordre de bataille © Hervé Boutet

Après avoir, au printemps dernier, fermé la parenthèse Chaisemartin – quatre années pendant lesquelles le groupe avait fortement décroché par rapport à ses concurrents –, Philippe Salle, le nouveau PDG, a mené tambour battant la revue stratégique réclamée par les actionnaires. Celle-ci a révélé les potentialités du groupe, mais également ses faiblesses.

Altran intervient dans trois domaines complémentaires : le conseil en technologie et innovation, le conseil en organisation et systèmes d’information et le conseil en stratégie et management. Son activité est manifestement trop éparpillée, tant en termes de clients que d’implantations géographiques. Pour Philippe Salle, plus la part de marché est élevée, plus la rentabilité est bonne et meilleure est la résilience en cas de chute de la demande. Pour tenir des objectifs de croissance et de rentabilité ambitieux, plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015 (+30%), un taux d’Ebitda en haut de cycle de 11 à 12% et un cash-flow à hauteur de 2 à 4% du CA, il préconise de recentrer sa stratégie.

Altran va se focaliser sur six pays européens : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni et optimiser les pays secondaires, voire en quitter certains, Pays-Bas, Portugal… Il va également pousser les feux en Chine et en Inde, des pays en forte croissance. L’Inde est toujours considérée comme une plate-forme "d’offshoring" (levier indispensable pour certains clients), avec un triplement de taille à terme (un millier d’ingénieurs), alors qu’en Chine doit se bâtir une vraie stratégie industrielle, mais avec l’obligation de trouver un partenaire local. Pour autant,  "c’est un marché clé de demain, comme la France et L’Allemagne", insiste Philippe Salle.

Le groupe va gérer de façon globale quatre domaines industriels : l’automobile, les infrastructures et les transports, l’aéronautique, la défense et le spatial, l’énergie et la santé, et enfin les télécommunications. Il va pousser au niveau mondial le développement de deux de ses expertises ; la gestion du cycle de vie des produits et les systèmes embarqués et critiques. Pour se conformer aux politiques d’achats des donneurs d’ordres, des fournisseurs "moins nombreux, mais plus gros", le groupe veut devenir un partenaire stratégique pour 20 à 25 grands clients, contre 10 aujourd’hui. Les acquisitions ne sont pas envisagées avant le second semestre 2012 car priorité est donnée au désendettement. Elles viseront des cibles représentant entre 1 et 10%  de son revenu. Altran veut enfin ralentir une rotation de personnel trop élevée, réduire ses coûts de fonctionnement et mieux maîtriser les délais de règlement des clients.

"Il faut choisir nos créneaux, nos combats" martèle le nouveau patron. Les difficultés ont été ciblées, les leviers pour réaliser des objectifs ambitieux d’ici à quatre ans ont été définis. Seront-ils suffisants pour surmonter les risques de récession qui planent sur 2012 ? Didier Ragu

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte