Environnement

Alteo pourrait respecter les normes européennes plus vite que prévu

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La 3ème réunion de la commission de suivi de site (CSS) pour les "boues rouges" issues des installations d'Alteo à Gardanne (Bouches-du-Rhône) s'est tenue le 26 septembre. Les contrôles et expertises opérés permettent de noter des améliorations. Les expérimentations de l'industriel sur le traitement de ses effluents liquides pourraient aboutir à une mise en œuvre de procédés dès 2019.

Alteo pourrait respecter les normes européennes plus vite que prévu
Alteo a six ans pour stopper tout rejet en mer "Les boues rouges, c'est fini" clame la direction d'Alteo à Gardanne qui ne rejette plus en mer les résidus solides de sa production d'alumine. Mais le liquide qu'elle est autorisée à évacuer durant six ans au large de Cassis suscite l'inquiétude des protecteurs de l'environnement.
© Jean-Christophe Barla

"Au vu des derniers contrôles de juillet et août, la qualité des rejets aqueux de l'usine de Gardanne s'est améliorée. L'ensemble des paramètres rejetés respectent désormais les valeurs limites autorisées par l'arrêté préfectoral. Alteo respecte ainsi les prescriptions de l'arrêté de mise en demeure du 21 juin dernier".

Publié sous l'égide de la Préfecture des Bouches-du-Rhône, le compte-rendu de la troisième réunion de la commission de suivi de site (CSS) prend donc acte des efforts d'Alteo. Cette entité a été créée pour évaluer objectivement les conditions d'exploitation de l'usine d'alumines de spécialité et les mesures qu'elle met en œuvre pour réduire ses impacts sur l'environnement. Le document salue un autre progrès sur les expérimentations engagées avec Air Liquide et Extracthive pour traiter les éléments critiques de ces effluents aqueux, objets d'une dérogation jusqu'en 2021 : "Les résultats présentés suite aux tests sur deux pilotes industriels sont décrits comme très encourageants.

Des essais complémentaires seront cependant nécessaires pour la mise au point puis la réalisation du procédé de traitement final". Alteo doit remettre un rapport d'ici le 30 septembre. Mais la direction annonce : "Nous avons l'ambition de définir d'ici à mi-2017 et de mettre en œuvre au plus tard en 2019 la solution qui permettra d'atteindre les objectifs de qualité d'eaux requis pour 2022".

Positions tendues

Sur le site de Mange Garri à Gardanne où Alteo entrepose les résidus de bauxite issus de ses filtres-presses (Bauxaline) en attendant de trouver des pistes de valorisation rentables, la commission constate que les études du BRGM et de l'IRSN démontrent "l'absence de risque particulier", notamment radioactifs, liés à la dispersion des poussières dans le voisinage. Le préfet réclame cependant une extension de la période d'observation et la réalisation de prélèvements sur d'autres sites environnants. Une étude sur les impacts sanitaires sera rendue fin 2016.

Dans la foulée de cette réunion de la CSS, le maire communiste de Gardanne, Roger Meï, le député écologiste des Bouches-du-Rhône, François-Michel Lambert, et le conseiller départemental Claude Jorda, ont publié un communiqué commun. Ils se réjouissent que "les bons résultats mesurés sont avérés, que la trajectoire d'atteinte des normes européennes proposée par Alteo est crédible". Ils en profitent également pour dénoncer la "mauvaise foi" de "ceux qui poursuivent à pousser à la fermeture de l'usine et jouent plutôt des jeux personnels, bien loin des intérêts collectifs qu'ils disent défendre".

Michèle Rivasi, députée européenne d'Europe Ecologie-Les Verts, avait en effet organisé un rassemblement où elle demandait l'arrêt des rejets en mer, le confinement des lieux de stockage de résidus de bauxite et l'arrêt de tout processus de valorisation et de commercialisation de la Bauxaline. Elle exigeait aussi que "les 350 emplois directs de l'usine de Gardanne soient reclassés", laissant ainsi clairement entendre que la seule option, à ses yeux, est la fermeture de l'unité.
 

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