Après les boues rouges, Alteo investit pour épurer ses effluents liquides

Fabricante d’alumines de spécialités, l’usine Alteo à Gardanne (Bouches-du-Rhône) mettra en service en 2019 une solution de traitement d’eau qu’elle qualifie d’unique au monde. Le procédé lui permettra de passer sous les normes limites de concentration d’aluminium et d’arsenic dans ses rejets liquides.

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Après les boues rouges, Alteo investit pour épurer ses effluents liquides
Dès 2019, l'usine Alteo à Gardanne respectera les normes sur l’arsenic et l’aluminium

Alteo ne cesse de le marteler : elle ne rejette plus de "boues rouges" dans la Méditerranée. Mais les effluents liquides que l’usine d’alumines de spécialité à Gardanne (Bouches-du-Rhône) continue d’expédier en mer contiennent des concentrations de métaux qui l’ont contrainte à réclamer des dérogations jusqu’en 2021. Sur le fer, elle est déjà dans les clous de la réglementation. Dès 2019, elle respectera les normes sur l’arsenic et l’aluminium suite à l’annonce, ce 15 mars 2018, de la construction d’une nouvelle station de traitement d’eau. L’investissement s’élève à 6 millions d’euros et est supporté par l’entreprise, l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse n’ayant participé financièrement qu’au programme de recherche qui a permis la mise au point avec Air Liquide d’un nouveau procédé d’épuration par injection de CO2.

"Les rejets de métaux ont été réduits de 99 % dès 2015 grâce à nos investissements précédents sur les filtre-presse et des stations de traitement d’eau. Cette unité poursuit les améliorations afin de maîtriser le 1 % restant, explique le président d’Alteo, Frédéric Ramé. Nous avons testé la solution avec Air Liquide pendant un an sur un pilote industriel. Le projet implique de modifier une partie de nos installations jusqu’en avril. Le chantier débutera dans la foulée pour une mise en service au premier semestre 2019."

Procédé inédit

Le procédé permettra de réduire le PH de 12,4 à moins de 9,5 et d’aboutir à une concentration d’arsenic inférieure à 0,05 mg/litre (elle est de 0,06 mg/l actuellement) et de porter celle d’aluminium à moins de 5 mg/l contre 131 mg/l à ce jour. Alteo entrera ainsi dans les seuils imposés sur ces matières avant l’issue de sa dérogation en 2021.

Dans un premier temps, le CO2 sera livré (ultérieurement, Alteo espère le récupérer sur ses propres cheminées). Injecté dans l’effluent, il va favoriser par précipitation la solidification des métaux, puis, après ajout d’un floculant dans un bac de floculation, leur séparation du liquide dans un décanteur. Une eau plus pure sera ainsi rejetée en mer. "Nous pourrons à terme respecter les seuils de manière constante, assure Eric Duchenne, le directeur des opérations. C’est une étape majeure mais nous essaierons d’aller encore plus loin dans nos efforts sur les autres paramètres soumis à dérogation, en particulier sur la demande biologique en oxygène (DBO) et la demande chimique en oxygène (DCO). Nos recherches déboucheront sur des pilotes industriels complémentaires."

Croître par l’innovation

Si sa direction a parfois le sentiment de développer un métier parallèle pour réduire son empreinte environnementale, Alteo n’en continue pas moins de progresser grâce à ses innovations dans les alumines de spécialité pour les écrans tv et de portables, le monde de l’automobile et la microélectronique. En 2017, son chiffre d’affaires a atteint 220 millions d’euros, à 70 % à l’international. Les ventes en Chine ont été multipliées par trois, selon le président. Elle recrute aussi beaucoup : "Nous avons réalisé plus de 300 embauches en cinq ans dont 74 sur la seule année dernière, avec un solde net dans l’effectif en hausse de près de 70 postes, insiste Frédéric Ramé. Nous employons aujourd’hui 450 salariés."

"Notre stratégie s’inscrit vraiment dans une croissance durable. Ce nouvel investissement vertueux sur le traitement d’eau, comme la réduction de nos émissions de CO2 ou de Nox ou notre taux de 10 % de valorisation de nos résidus, cinq fois supérieur à la moyenne de notre secteur, attestent de notre démarche d’amélioration accélérée", ajoute le président d’Alteo.

Jean-Christophe Barla

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