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L'Usine Matières premières

Alteo à Gardanne rappelé à l’ordre par le Préfet

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L’industriel doit inaugurer vendredi 22 mars deux nouvelles installations "pour une croissance durable". Mais après l’ouverture d’une information judiciaire, il doit faire face à l’obligation, réclamée par arrêté préfectoral, de respecter d’ici à fin 2020 des prescriptions imposées pour son site d’entreposage de résidus de bauxite de Mange Garri.

Alteo à Gardanne rappelé à l’ordre par le Préfet
Alteo doit faire face à l’obligation de respecter d’ici à fin 2020 des prescriptions imposées pour son site d’entreposage de résidus de bauxite de Mange Garri.
© J-C. Barla

Pour Alteo, l’événement s’annonçait positif : le fabricant d’alumines de spécialité inaugure vendredi 22 mars sa nouvelle unité de production d’alumine "haute pureté" pour la fabrication de céramiques avancées ainsi qu’une station de traitement des eaux résiduelles par injection de CO2 qui améliorera la teneur de ses rejets liquides en mer, en traitant la présence des éléments métalliques.

Le député de la circonscription, le maire de Gardanne et le président de la CCI Marseille-Provence ont annoncé leur présence pour la coupure de ruban… Mais les sourires risquent d’être crispés au vu des derniers jours affrontés par l’industriel. Après diverses manifestations à Paris et à Gardanne, après l’ouverture d’une information judiciaire par le pôle Santé du Tribunal de Grande Instance de Marseille, sur plainte de huit riverains déposée en avril 2018 "pour mise en danger de la vie d’autrui", il a reçu une injonction du Préfet.

L’arrêté préfectoral publié le 20 mars lui demande de respecter d’ici au 31 décembre 2020 les prescriptions qui lui ont été fixées en juin 2016 de mettre en conformité son site de Mange Garri, à quelques pas de son unité, où il entrepose ses résidus de bauxite issus des filtres-presses dans lesquels il avait investi pour cesser ses rejets de "boues rouges" au large de Cassis.

Toxique ou pas ?

L’arrêté porte "sur les eaux de ruissellement provenant des aires de stockage des déchets d’extraction". L’entreprise doit réaliser un ou plusieurs bassin(s) étanche(s) pour recueillir ces eaux de ruissellement et permettre aux services de l’Etat de contrôler la qualité des eaux collectées et éviter ainsi une infiltration dans les sols.

Pour Alteo, la réalisation technique des installations est complexe. L’industriel assure que les produits entreposés ne sont en rien toxiques ou dangereux, puisqu’il en a même fait un co-produit jugé valorisable, par exemple pour dépolluer les sols d’anciens sites miniers ou en sous-couche de routes, et potentiellement commercialisable sous le nom de Bauxaline.

"Ils sont lavés et séchés selon les meilleures technologies mondiales", affirme-t-il. Mais les riverains, les associations environnementales et désormais le maire de Bouc-Bel-Air, commune voisine de Gardanne, ne voient pas tout à fait de l’économie circulaire ou de l’écologie industrielle dans ces résidus rougeâtres exposés à l’air libre.

Surtout lorsqu’un coup de mistral un peu violent en dissémine sur les habitations alentours ou que des pluies torrentielles laissent supposer des nuisances pour la nappe phréatique. Alteo avait sollicité une extension de son autorisation de stockage au-delà de 2021 sur le site de Mange Garri. Il va lui être compliqué de l’obtenir. Les associations ZEA, Bouc Bel Air Environnement ou encore Europe Ecologie Les Verts persistent à évoquer un "stockage de boues toxiques à Mange Garri".

Une enquête judiciaire pour éclairer

"Ce site n’est pas sécurisé et met en danger les riverains", indique ZEA qui réclame, par ailleurs, "une véritable étude des conséquences de la pollution des boues rouges sur la santé" et "la fin des tentatives de valorisation des boues rouges toxiques renommées Bauxaline et leur dissémination sur le territoire". Les opposants réclament à la présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal, de s’opposer également à la prolongation de cette autorisation.

Quant à l’enquête judiciaire qui sera menée par deux juges marseillais, elle portera sur la période du 21 juin 2012 à juillet 2018 sur la base d’une infraction à la législation sur les installations classées selon le Procureur de la République. Les représentants des associations écologistes la considèrent comme "une avancée majeure".

Alteo en a pris acte. Tout en annonçant de nouveaux investissements sur son unité pour continuer à réduire son impact : une installation de traitement de la demande chimique en oxygène (DCO) et de la demande biologique en oxygène (DBO5) contenues dans ses rejets liquides en mer doit être mise en service "dans le courant de l’année 2020, ce qui permettra de supprimer toutes les dérogations".

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