Alten lorgne sur la Chine

Poussé par les constructeurs automobiles, le groupe français d'ingénierie étudie une implantation en Chine. C'est sûr, il y va. Mais ne sait pas encore vraiment comment.

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Alten lorgne sur la Chine

"Un marché immense, ouvert à la concurrence dans de nombreux secteurs, avec des niches intéressantes." De retour de Shanghai, Benoit Maistre, directeur général adjoint chez Alten, ne cache pas son enthousiasme à l'aube de l'année du dragon.

À part le secteur de l'aérien très fermé et réservé aux entreprises d'état, l'automobile, le ferroviaire et les télécoms recèlent de grandes opportunités de développement. "C'est décidé. Nous y allons. Il y a d'ailleurs des incitations fortes de la part de certains clients pour les accompagner sur place. Des entreprises locales ont également manifesté des marques d'intérêts pour des partenariats."

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Mais le groupe de Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, n'a pas encore décidé sous quelle forme il allait s'installer dans l'ex-Empire du milieu. Car, dans ce projet, ses implantations européennes (Allemagne, Suède, Pologne et Roumanie, principalement), ou récemment, indienne, ne l'aideront pas.

Alten vient en effet de procéder à deux acquisitions. L'une en Suède au début de l'année, et l'autre, plus importante, en Inde, au printemps 2011. Calsoft Labs, spécialisée dans la conception de cartes électronique (jusqu'aux préséries), compte 800 personnes, avec un bureau commercial aux Etats-Unis. Elle travaille principalement pour des entreprises high-tech américaines.

"Nous comptons l'utiliser en front office pour pénétrer le marché américain, sur nos spécialités, l'automobile, l'informatique temps réel, l'énergie, ou les télécoms, en utilisant notamment leur processus qualité. Cette acquisition a été l'occasion d'être plus pertinent par rapport à nos méthodes de travail, y compris sur des activités traditionnelles, comme le contrôle moteur."

Quelques clés pour dévérouiller le marché

L'implantation en Chine devrait, elle, plutôt prendre la forme d'une joint-venture avec un des acteurs locaux, principalement des bureaux d'études. Mais se développer en Chine reste complexe. "Barrière de la langue, mentalités différentes, esprit d'initiative et créativité limités de la part des ingénieurs locaux, négociations toujours longues avec les différentes autorités régionales, les difficultés sont nombreuses", reconnait Benoit Maistre. Alten a dû mettre en place des formations interculturelles pour certains de ses cadres afin de démythifier la culture chinoise, tout en en respectant les codes.

Pour autant, Alten, l'un des leaders européen de l'ICT, avec près de 14500 salariés et plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2011, dispose déjà de quelques clés pour déverrouiller cette économie, où chaque grande métropole peut représenter un marché français. Plusieurs directeurs ont une forte expérience de la Chine et le groupe peut compter sur la pratique de ses entreprises clientes européennes.

Et il peut recruter parmi les nombreux ingénieurs chinois venus faire leurs études en France. "En fait, pour réussir en Chine, l'objectif du gagnant-gagnant ne doit jamais être perdu de vue. Il faut toujours viser à développer quelque chose de bon pour le pays", rappelle Benoit Maistre. Plus facile à dire qu'à démontrer.

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