Alstom veut « recréer de la valeur »

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Pierre Bilger veut secouer le mammouth Alstom. Le P-DG du groupe présent dans le ferroviaire, les chantiers navals, les équipements de production, de transport et de distribution d'énergie vient d'annoncer aujourd'hui aux analystes financiers et à la presse « sa stratégie de création de valeur pour les trois prochaines années ».

Après un avertissement sur résultat à l'automne et les inquiétudes sur ses engagements dans le financement de navires de croisière, Pierre Bilger veut rassurer sur la capacité du groupe, dont le chiffre d'affaires 2001/2002 devrait atteindre 23,5 milliards d'euros, à retrouver une structure financière saine et à améliorer sa rentabilité.

Priorité affichée : un management renforcé et une priorité donné à la génération de cash flow. Le plan annoncé comporte une dizaine de points. Parmi ceux-ci, un objectif de réduction des frais généraux de 250 millions d'euros par an d'ici à 2005.

Autre axe, un resserrement du portefeuille et une amélioration des marges par un programme de 12 cessions (non précisés) pour un montant total de 1,2 milliard d'euros. Sur celles-ci, 9 seront réalisées dans les douze mois (valeur 900 millions pour un chiffre d'affaires estimé de 3,3 milliards d'euros).

« Ce programme ne concerne aucune branche en tant que telle », selon Pierre Bilger qui a notamment indiqué qu'il n'y avait actuellement pas de plan de cession de la division marine (Chantiers de l'Atlantique).

Le groupe prévoit aussi d'éliminer peu à peu les financements fournisseurs. Le risque total maximum à ce titre est aujourd'hui d'environ 1 milliard d'euros après une provision additionnelle de 90 millions d'euros.

Pour réduire son endettement, Alstom va aussi poursuivre la vente d'une grande partie de ses immeubles pour environ 750 millions d'euros. Et aussi, solliciter ses actionnaires par une augmentation de capital pouvant atteindre 67 millions de titres (à titre indicatif au cours actuel environ 1 milliard d'euros). Et l'absence de dividende cette année.

Par ailleurs, Pierre Bilger a jugé que les problèmes dans le secteur des turbines à gaz étaient sous contrôle (le groupe a connu ces dernières années d'importants problèmes techniques sur ses turbines de grande puissance qui ont généré environ 1, 5 milliards de coûts ou pénalités). « Les problèmes de retard de livraison de matériel ferroviaire en Grande-bretagne sont eux aussi en voie de règlement », a-t-il assuré. Ils conduiront toutefois à la forte baisse (4 % contre 7 %) de la marge opérationnelle de l'activité transport.

De tous ces éléments, Pierre Bilger attend 2,1 milliards de disponibilités financières d'ici mars 2003, 1,3 milliards d'amélioration du cash flow d'ici à trois ans et un ratio dettes nettes sur fonds propres de 20 % en 2005 (contre 90 % en 2001).

Le groupe s'est, par ailleurs, fixé un objectif de marge opérationnelle de près de 5 % en 2003 et de 6 % en 2005, contre 4 % cette année.

Philippe Jaffré, l'ancien patron de Elf, entré dans le groupe comme « conseiller du président » il y a trois semaines, « a participé activement » à la mise sur pied de ce plan, selon M. Bilger. Selon toute vraisemblance, Philippe Jaffré deviendra directeur financier d'Alstom en juin prochain.

La bourse a en tout cas applaudi des deux mains. A l'annonce de ce plan, le titre a gagné 7 %, restant aux alentours de 15 euros, à la moitié toutefois de son prix d'introduction en juin 1998.

Pierre-Olivier ROUAUD

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