Technos et Innovations

Alstom surfe sur la vague des énergies marines

Manuel Moragues , ,

Publié le

Le groupe français Alstom s'associe avec le producteur écossais d'énergie marine SSE Renewables pour développer une centrale électrique exploitant l'énergie des vagues. L'occasion de tester à grande échelle la technologie d'AWS Ocean Energy, filiale à 40% du français.

Alstom surfe sur la vague des énergies marines © D.R. - Alstom

Alstom va tirer de l'électricité de la houle écossaise. Son association, annoncée ce 17 janvier avec le producteur écossais d'énergie marine, SSE Renewables, se fait par le biais d'une société commune en charge de développer le projet Costa Head. Situé au nord de l'île écossaise de Mainland, Costa Head ambitionne d'installer une capacité de production d'électricité de 200 mégawatts (MW) à partir de l'énergie des vagues à l'horizon 2020.

Les convertisseurs d'énergie qui équiperont le site sont développés par la start-up écossaise AWS Ocean Energy, dont Alstom a racheté 40% en juin dernier. Ce n'était pas la première incursion du français dans les énergies marines. En 2009, le français avait acquis auprès de la société canadienne Clean Current Power Systems la licence d'exploitation d'une hydrolienne de 1 MW, pour exploiter les courants de marée.

Ses ambitions portent aussi sur l'éolien offshore : Alstom s'est porté candidat avec EDF EN pour quatre sites de l'appel d'offres français qui s'est terminé la semaine dernière.

L'exploitation de l'énergie des vagues reste moins avancée que celle du vent ou des courants. Mais elle est prometteuse. Selon Alstom, l'énergie des vagues constitue à l'échelle mondiale un gisement potentiel de 200 à 300 gigawatts de production d'électricité. Des dizaines de pilotes et autres prototypes sont à l'œuvre dans les mers du monde. A la Réunion, notamment, avec DCNS.

Une sous-station offshore

Les technologies foisonnent : du « serpent de mer » de Pelamis Wave Power dont les vagues font osciller ses 150 mètres en surface à "l'huître" baillant au gré de la houle d'Aquamarine Power, en passant par les bouées immergées du système Ceto développé par l'australien Carnegie Wave Energy. Fiabilité, facilité de maintenance et coût du kilowattheure produit seront scrutés à la loupe.

La technologie d'AWS Ocean Energy repose sur des cellules de 16 mètres de largeur et de 9 mètres de profondeur dans lesquelles une membrane flexible compresse de l'air sous l'impulsion des vagues. Des turbines embarquées convertissent cette énergie pneumatique en électricité.

L'assemblage de 12 cellules de ce type autour d'une structure circulaire d'environ 60 mètres de diamètre former un convertisseur de 2,5 MW de capacité. La centrale houlomotrice de Costa Head réunira des dizaines de convertisseurs mouillés à des profondeurs de 65 à 150 mètres et reliés à une sous-station offshore via une ligne à haute-tension.

AWS a testé un prototype de convertisseur à l'échelle 1/9e dans le Loch Ness en 2010 et lancera un prototype à grande échelle en 2014 au Centre européen de l'énergie marine, situé dans l'île voisine d'Orkney. Suivront, selon Alstom, l'installation sur le site de Costa Head d'une capacité de production de 10 MW en 2016, puis un déploiement de grande ampleur pour atteindre 200 MW à l'horizon 2020… pour peu que la technologie s'impose face à ses concurrentes.

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

20/01/2012 - 10h06 -

C'est dommage d'investir autant d'argent dans des projets aléatoires alors qu'il existe des offres que personne ne va voir.
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte