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[Alstom-Siemens] Sourire pour les syndicats, soupe à la grimace pour le gouvernement

Olivier Cognasse , , , ,

Publié le

Un gouvernement pro-européen qui déverse tout son fiel contre la Commission et des syndicats en accord avec la Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager : le rejet de l'alliance Siemens-Alstom provoque des réactions contrastées.

[Alstom-Siemens] Sourire pour les syndicats, soupe à la grimace pour le gouvernement
Alstom a des atouts pour affronter la concurrence comme dans le tramway.
© Alstom

Les entreprises citées

Le moins que l’on puisse dire c’est que la décision attendue de Bruxelles sur la fusion entre les constructeurs Alstom et Siemens n’a pas laissé indifférent. Mais les réactions sont parfois étonnantes. Si le gouvernement qui défend l’Europe habituellement est mécontent, sa virulence peut surprendre. A l’inverse, les syndicats français n’ont jamais autant cajolé la Commission.

Le principal concurrent d’Alstom et Siemens en Europe, s’est montré particulièrement "heureux" de cette décision. En effet, Bombardier lutte depuis le début contre cette fusion. "La Commission indique clairement que la fusion proposée ne respecte pas les exigences de la loi sur la concurrence de l’Union européenne. Cette fusion aurait gravement compromis la santé et la compétitivité de l’ensemble du marché ferroviaire européen, laissant les consommateurs européens en payer le prix, à la fois comme utilisateurs du rail et comme contribuables. Le secteur ferroviaire européen est le chef de file mondial en raison d’une vive concurrence interne, d’une innovation et d’investissements soutenus", déclare Daniel Desjardins, vice-président principal du groupe Bombardier.

"La Commission a obéi aux règles de la concurrence"

Il rejoint la position des syndicats français et belges, opposés à ce rapprochement depuis le début. "A la base, on était opposé à ce projet, car il ne s’agissait pas d’une fusion, mais d’une absorption et la perte d’un fleuron industriel français avec des risques sur l’emploi, déclare Patrick de Cara, délégué syndical CFDT Alstom au siège social. La Commission a obéi aux règles de la concurrence."

Et la position de la CGT Alstom est sur la même longueur d’ondes. "C’est une décision logique. On a la même lecture que la Commissaire européenne à la concurrence sur les problématiques qu’auraient engendré cette fusion, avec une position dominante et une diminution des produits sur le marché, analyse Boris Amoroz, délégué syndical central CGT Alstom. Il y a des règles, elles existent malgré les agitations du gouvernement. Nous ne sommes pas là seulement pour satisfaire le patron de Siemens. Il doit y avoir un débat démocratique autour des règles de la concurrence."

Et d’affirmer que si "le gouvernement allemand a fait le minimum syndical, le gouvernement français se trompe complètement. Il est presque dans l’hystérie. Le coup du chinois, c’est la tarte à la crème. Alstom et Siemens sont déjà des champions mondiaux comme l’a dit Margrethe Vestager."

Une décision "complètement à côté de la plaque"

Le patron d’Alstom, après avoir évacué sa déception est déjà prêt à rebondir. L’actionnaire Bouygues (28% du capital) dont on ne sait pas si après cette décision, il va sortir ou rester, parle d’une "décision idéologique".

Le monde politique est divisé entre les partisans de cette décision, le plus souvent à gauche et dans la droite populiste et ceux qui la condamnent chez Les Républicains, l’UDI et LaRem. Du côté de la majorité présidentielle, le tir de barrage contre la Commission est  d’une violence inattendue, alors que le Président de la République, Emmanuel Macron se pose en premier défenseur de l’Europe. Le Premier ministre Edouard Philippe parle de "décision extravagante […] prise sur de mauvais fondements". Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement a évoqué à la sortie du Conseil des ministres "une faute économique et politique".

C’est une décision "complètement à côté de la plaque" pour la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher  qui juge nécessaire de faire évoluer les règles concurrentielles en Europe. Après la colère, le ministre de l’Economie, prépare, quant à lui, l’avenir : "Ce fleuron français a tout pour réussir, mais il doit se consolider et nous allons réfléchir aux possibilités de consolidation pour Alstom", a-t-il déclaré.

Un Buy European Act

En effet, il s’agit maintenant de préparer l’avenir d’Alstom. Si Henri Poupart-Lafarge, le PDG de l’entreprise se refuse à parler de plan B, les représentants des salariés ont déjà des idées en tête.

"Le point positif, c’est que l’on a parlé pour la première fois de protéger le savoir-faire européen, mais face aux pays fermés, il faut un vrai débat sur un Buy European Act", demande Patrick de Cara. A la CFDT, on reste aussi vigilant pour les sites de Belfort, La Rochelle et Reischoffen et sur la pyramide des âges.  "Elle est très élevée sur certains métiers, il faut attirer les jeunes, développer la formation."

"Il faut se servir des 1,8 milliard d’euros qui devaient être distribués en dividendes dans le cadre de la fusion pour remettre à niveau certains sites industriels, embaucher, former", ajoute Boris Amoroz. Partisan d’un GIE entre les acteurs européens, il demande aussi à l’Europe de s’impliquer dans le futur du ferroviaire européen. Bruxelles qui a tenu ce discours aux syndicats, dépassera-t-il stade des promesses ? 

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