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L'Usine Energie

Alstom, Siemens, GE, l'Etat : quatre stratégies pour un rachat

Sylvain Arnulf , , , ,

Publié le

Analyse Alstom se laisse donc un mois pour étudier les offres de GE et de Siemens avant de prendre une décision définitive, même si le conseil d'administration opte pour l'offre américaine. Quelles sont les marges de manœuvre des différents acteurs de ce dossier ?

Alstom, Siemens, GE, l'Etat : quatre stratégies pour un rachat © Alstom

Sommaire du dossier

Alstom se donne jusqu'au 2 juin pour examiner les offres de reprise de la branche énergie déposées par General Electric et, peut-être, par Siemens. Mais le conseil d'administration penche résolument pour l'offre de GE. L''affaire est-elle déjà pliée ? Les lignes peuvent-elles encore bouger ?

General Electric : patienter

Pour General Electric, le plus dur est fait : obtenir l'aval (à l'unanimité) du conseil d'administration d'Alstom. Le géant américain doit désormais gérer son avance et soigner sa communication, notamment en direction du gouvernement et des salariés d'Alstom. GE estime avoir fait une "bonne offre, à la fois pour Alstom et les employés". "Nous pensons que l'emploi net augmentera autour des actifs d'Alstom", a déclaré son PDG Jeffrey Immelt, sans s'engager sur des chiffres précis. GE compte insister sur la complémentarité des activités de GE et Alstom, et promet d'implanter "quatre centres de décisions" dans l'hexagone, où il compte déjà plusieurs sites. Des propositions que GE pourra affiner et enrichir.

Siemens : tenter le tout pour le tout

Siemens, sollicité par l'Etat français pour contrer l'offre de son concurrent américain, doit encore déposer une offre ferme de reprise d'Alstom. Mais pour cela il réclame un accès aux comptes de l'entreprise. Le groupe allemand se dit d'ailleurs "déçu du manque de coopération d'Alstom", faisant écho aux critiques d'Arnaud Montebourg, dont il s'est fait un allié.

Siemens a gonflé sa pré-offre en mettant dans la corbeille de la mariée son activité "métros", en plus de ses trains à grande vitesse. L'industriel veut procéder par échange d'actifs, Siemens récupérant le pôle énergie en échange de ses activités transport. Siemens doit encore finaliser ses propositions et démontrer sa capacité financière à conduire une telle opération.

On peut d'ailleurs s'interroger sur les réelles intentions du groupe allemand. Siemens veut-il vraiment Alstom à tout prix ou cherche-t-il simplement à mettre des bâtons dans les roues de son concurrent GE ? Le groupe allemand étudie parallèlement le rachat d'une partie des activités énergie de Rolls-Royce, assez semblables à celles d'Alstom.

La presse allemande s'interroge d'ailleurs sur la stratégie de Siemens : pour le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, le groupe et son patron "font figure de marionettes" inféodées aux intérêts français. Le site Tagesschau de la télévision publique ARD,  estime que les projets de Joe Kaeser, le patron de Siemens aux commandes depuis peu, "n'ont pas simplement l'air casse-cou, ils le sont".

Alstom : apaiser

La tonalité de l'entretien accordé par Patrick Kron au Monde ne laisse guère de doutes : si ça n'avait tenu qu'à lui, l'affaire Alstom-GE serait déjà pliée. Le patron d'Alstom n'a évoqué l'hypothèse Siemens qu'en réponse aux journalistes du quotidien du soir. Comme si le groupe allemand n'entrait pas dans l'équation. Dès lors, le patron d'Alstom, qui ne voulait pas que l'Etat interfère dans le processus, est condamné à faire le dos rond.  Le patron à poigne va devoir adoucir son discours et donner des gages à l'Etat. Alstom s'est engagé à examiner (pour la forme, sans doute) l'offre de Siemens et assurer une égalité de traitement entre les concurrents.  Un "comité d’administrateurs indépendants", conduit par Jean-Martin Folz, procèdera d’ici à la fin du mois de mai, à un examen approfondi de l’offre de GE, "en tenant compte des intérêts de l’ensemble des parties prenantes, y compris  ceux de l’Etat français", promet l'entreprise.

Montebourg et le gouvernement : négocier

Pour Arnaud Montebourg, "rien n'est plié" dans le dossier Alstom. "Le gouvernement compte utiliser ce temps pour défendre les intérêts industriels de la nation". Comment ? En obligeant General Electric à améliorer son offre (la question des "centres de décision" basés en France paraît centrale) et en obligeant Alstom à examiner les propositions de Siemens, avec l'appui de l'AMF.

Le ministre de l'économie ne ferme pas la porte à une entrée au capital d'Alstom si Bouygues cédait sa participation. La question est "mise à l'étude", a indiqué Arnaud Montebourg à l'Assemblée  ce 30 avril. Comment l'Etat pourrait-il financer l'opération en ces temps de disette budgétaire ? L'hypothèse d'une cession d'une partie du capital d'EDF a été démentie. Arnaud Montebourg sortira-t-il un autre montage de son chapeau ?

Le gouvernement va aussi devoir répondre aux questions des 18 000 salariés (dont la moitié travaillent dans la branche énergie) et organisations syndicales sur les conséquences sociales d'une vente par appartements d'Alstom. La CGT, FO et désormais la CFDT réclament une nationalisation, temporaire ou pas, de l'entreprise. Le gouvernement va devoir batailler pour obtenir des engagements fermes de GE et Siemens, et pas seulement des déclarations d'intention.

Sylvain Arnulf

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