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Alstom roule dans l’allégresse en attendant la fusion

Olivier Cognasse , , ,

Publié le

A l’occasion du salon Innotrans qui se déroule à Berlin du 18 au 21 septembre, les dirigeants d’Alstom se sont exprimés devant la presse pour vanter le succès de la fusion en cours et les bons résultats de l’entreprise. Entre temps, les annonces de contrats tombent tous les jours. Le dernier en date, jeudi 20 septembre en fin d'après-midi, concerne le Grand Paris Express. 

Alstom roule dans l’allégresse en attendant la fusion
Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom, très optimiste pour la fusion avec Siemens.
© Guittet Pascal

Ce jeudi 20 septembre, la société du Grand Paris vient d'annoncer, en accord avec Île-de-France Mobilités, la désignation d'Alstom pour la réalisation du marché d’étude et de fourniture du matériel roulant pour les lignes 15, 16 et 17 du métro du Grand Paris Express. Le montant du contrat pourra atteindre 1,3 milliard d'euros pour le développement et la livraison d'un maximum de 183 rames. Mais ce n'est pas tout.

Un contrat de 730 millions d’euros pour la maintenance de quatre lignes de métro à Ryad en Arabie Saoudite pour son consortium - avec Ansaldo STS et Ferrovie dello Stato Italiane - a été annoncé 48 heures plus tôt.

Mercredi 19 septembre, c'était la signature d'un protocole d’accord avec la société des chemins de fer ukrainiens (UZ), première étape vers un contrat cadre pour leur fournir et entretenir 210 locomotives électriques pour plus d’un milliard d’euros.

Sans oublier la mise en service, lundi 17 septembre, de deux trains à hydrogène Coradia iLint  pour la ligne qui relie Cuxhaven, Bremerhaven, Bremervörde et Buxtehude en Basse Saxe. Les bonnes nouvelles tombent à un rythme effréné pour le constructeur français depuis le début de la semaine et confirment la bonne santé du groupe.

D’accord avec Siemens sur tous les points

A propos de la fusion, Henri Poupart-Lafarge, le PDG d’Alstom nage en plein bonheur. "Cela se passe extrêmement bien avec Siemens. On s’est mis d’accord sur tout. En interne, on commence à travailler sur la nouvelle organisation." Et l’enquête de Bruxelles sur d’éventuelles positions dominantes ne l’inquiète pas davantage.

"Les deux entreprises vont bien. Le processus de la commission est très long, car cela fait vingt ans qu’ils n’ont pas regardé un dossier sur le transport et celui-ci est assez complexe, expliquait le patron d’Alstom (et futur dirigeant de Siemens-Alstom) devant quelques journalistes mardi 18 septembre à Innotrans. A un moment ou l’autre il faudra discuter. Car la décision devrait être rendue publique le 28 janvier 2019."

Et de rappeler qu’il existe 25 juridictions dans le monde auxquelles Alstom et Siemens soumettent leur dossier. Toujours selon la direction, cette fusion est de mieux en mieux acceptée par le personnel des deux côtés du Rhin. Même si selon un sondage interne, près de 40% des salariés français seraient encore inquiets.


Un cœur historique à partager

Henri Poupart-Lafarge met en avant le rôle essentiel de la France qui devra être partagé. "C’est le cœur historique. Elle concentre 80% de la R&D. Demain, il y aura deux cœurs." Et d’indiquer que du côté allemand, on a le sentiment d’être racheté par les Français, quand certaines voix politiques, médiatiques et syndicales ont tendance à affirmer le contraire dans l’Hexagone.

La complémentarité géographique est mise en avant, tout comme sur la très grande vitesse, où les trains et les technologies sont très différents. Et les deux entreprises ont beaucoup à y gagner sur les structures et les fournisseurs. "On achète deux tiers de ce que l’on vend, rappelle le PDG d’Alstom. Standardiser les briques peut aider les fournisseurs à avoir des séries plus longues. Ils ont beaucoup à y gagner mais beaucoup de travail à faire. Quant à l’harmonisation des plates-formes de R&D, elle permettra d’aller plus vite."

 

L'avenir est au ferroviaire

Et Henri Poupart-Lafarge de conclure : "le marché de la mobilité nous est extrêmement favorable. Le temps de la voiture individuelle et polluante est derrière nous. On a besoin de plus en plus de mobilité collective, et je ne pense pas qu'il y ait de rupture technologique qui vienne supplanter le ferroviaire. Il n’y a pas d’autres moyens de transporter autant de monde. Tous les investissements dans les villes sont autour du ferroviaire ", affirme-t-il. Et s’il se méfie du chinois CRRC et du japonais Hitachi, il considère que la nouvelle entité est très en avance sur la concurrence sur les solutions de mobilité et la couverture géographique.

Et pour conforter l’optimisme ambiant, l'Association européenne des constructeurs ferroviaires (UNIFE) prévoit une croissance de l'activité de 2,7% par an dans le monde d'ici 2023. En Europe occidentale, région déjà bien équipée, elle atteindrait 2,2% par an.

Au niveau national, Alstom réalise 2 milliards d’euros du chiffre d’affaires, soit un quart de son activité avec 9 000 personnes dont 4 000 ingénieurs. Le carnet de commandes bien garni (autour de 35 milliards d’euros au niveau mondial) ne garantit pas pourtant d’éviter des trous d’air.

Et les sites de Belfort et La Rochelle (Charente-Maritime) auraient de gros soucis sans la commande des 100 TGV du futur. "Elle n’empêchera pas un trou d’air entre deux séries d’environ deux ans en production entre la fin 2020 et 2022-2023", prévient Jean-Baptiste Eyméoud, directeur général France. Mais il n’est pas question de se séparer de compétences qu’il faudrait former par la suite. C’est ce qu’a fait Alstom à Valenciennes (Nord) en attendant la production de la nouvelle génération de RER.

 

Reichshoffen compte sur les futurs TET

Finalement, le site le plus en difficulté sera celui de Reichshoffen (Bas-Rhin) si Alstom ne remporte pas l’appel d’offre pour les futurs Trains d’équilibre du territoire (TET, ex-Intercités) des lignes Paris-Limoges-Toulouse et Paris-Clermont-Ferrand, voir Marseille-Bordeaux. "Nous devons encore sécuriser l’avenir. Nous essayons de la compacter et de réduire les frais fixes, car cela coûte des millions d’euros de maintenir un site en sous-activité, mais il n’est pas question de fermer l’usine", indique Jean-Baptiste Eyméoud. En attendant, il n’est pas question de fermer de site, même après la fusion avec Siemens qui devrait intervenir au premier semestre 2019.

Olivier Cognasse, à Berlin

 

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